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Dealers et mendiants à Lausanne: ils veulent les exclure.

Proposition d’élus lausannois: la police doit pouvoir interdire certaines zones à ceux qui menacent l’ordre public. Dealers et mendiants visés.


Levée de boucliers garantie. La motion qui sera envoyée ce matin au secrétariat du Conseil communal de Lausanne par quatre élus libéraux-radicaux suscitera à coup sûr des réactions très vives. La proposition des motionnaires? Que la police puisse prononcer des mesures d’éloignement envers les personnes qui troublent l’ordre public. Imaginez un dealer sévissant dans le périmètre de la gare: les agents pourraient lui interdire l’accès à la zone en question pour une durée maximale de trois mois.

Pourquoi imaginer que cette proposition créera la polémique? Car si elle a déjà été adoptée dans d’autres villes – notamment Berne, Zurich et Genève –, elle a souvent provoqué le courroux de la gauche. En 2009, lorsque la majorité de droite du Grand Conseil genevois a voté les mesures d’éloignement, Jean-Luc Ardite, alors président du Parti du travail, a parlé de «dérive fasciste» dénonçant la marge d’appréciation disproportionnée laissée à la police.

Le motionnaire lausannois Mathieu Blanc est conscient qu’il devra lutter pour convaincre la majorité de gauche du bien-fondé de sa proposition. «Mais le combat mérite d’être mené, affirme-t-il. De plus en plus de citoyens se plaignent de ne plus pouvoir utiliser librement les espaces publics.»

Mathieu Blanc pointe principalement du doigt les dealers, les consommateurs de drogue, mais aussi certains mendiants qui «harcèlent les passants». Et qu’on ne lui dise pas qu’interdire un périmètre donné à certaines personnes ne ferait que déplacer le problème. «Cet argument, déjà entendu, n’est pas satisfaisant. Et certaines études montrent qu’à force d’être chassés, une partie des délinquants disparaissent.»

Le bon sens des policiers
Sûr de son fait, le candidat à la Municipalité ne croit pas une seule seconde que les policiers pourraient avoir une trop grande marge d’appréciation et déraper. «Ils agissent de manière proportionnée. On le voit tous les jours.»

Mathieu Blanc et les trois autres motionnaires libéraux-radicaux convaincront-ils les autres élus? Réponse, en principe, d’ici au début décembre.

Policiers genevois déjà actifs
Même si la nouvelle loi sur la police, dans laquelle figure un volet sur les mesures d’éloignement, a été votée en février 2009, ce n’est qu’en avril 2010 que les policiers genevois ont commencé à l’appliquer. Motif: un recours au Tribunal fédéral a tout bloqué pendant près d’un an. Porte-parole de la police, Patrick Pulh annonce que 15 mesures d’éloignement ont été prononcées depuis avril. Elles permettent d’interdire à un individu l’accès à un périmètre bien déterminé.

Depuis début 2010, la police genevoise a également prononcé des interdictions locales (75) et territoriales (92). En gros, une personne qui fait l’objet d’une interdiction locale ne peut plus mettre les pieds au centre-ville sous peine d’amende. Principaux visés: les dealers.

Les interdictions territoriales, elles, interdisent à la personne sanctionnée de rester dans le canton. Ces interdic-tions touchent principalement les requérants d’asile qui ne sont pas assignés à Genève.

http://www.lematin.ch/actu/suisse/dealers-mendiants-lausanne-veulent-exclure-328725

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