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Il sera jugé cette année pour une tournante.

Genève | Un trentenaire comparaîtra pour avoir profité d’une femme saoule.

A. se bat depuis quatre ans pour obtenir son acquittement dans une affaire de tournante aux Eaux-Vives. Condamné en 2009 puis l’an dernier, en appel, pour avoir abusé de sa victime, une jeune femme, lors d’une soirée arrosée dans un appartement de la route de Frontenex, ce trentenaire a recouru et sera donc jugé pour la troisième fois cette année.

Incapable de discernement

Estimant que la Cour d’assises a eu la main lourde, la Cour de cassation a admis que ce Péruvien, coupable d’actes d’ordre sexuel sur une personne incapable de discernement, devait comparaître à nouveau: «La Cour d’assises a mal exercé son pouvoir d’appréciation en infligeant à A. la même peine ferme qu’à son coaccusé, alors que son cas est moins grave», en raison d’un casier judiciaire vierge.

Six mois de détention

Les faits s’étaient déroulés le 23 avril 2006. Ce soir-là, trois garçons sortent danser avec la victime et une amie. Après une nuit blanche, cette dernière invite le groupe dans son appartement pour manger une soupe. Vers 9 h, après avoir bu, chanté et dansé la salsa, ils commencent à jouer à action-vérité. La règle du jeu: boire un verre de vodka-Red Bull lorsqu’on refuse de répondre aux questions indiscrètes. Après avoir avalé cette boisson d’un coup, la victime perd connaissance et les trois hommes auraient profité de son état pour abuser d’elle. Vers 18 h, elle se réveille. Elle souffre de brûlures et constate qu’elle a quelques contusions sur le corps. Un examen médical confirme des lésions gynécologiques. Les trois hommes sont arrêtés et condamnés. A., qui a fait six mois de détention préventive, écope d’abord de 34 mois de prison, dont 17 mois ferme. Le viol est écarté car la Cour d’assises estime que s’il peut être reproché aux garçons, ivres, d’avoir profité de la situation, ils n’ont pas contraint les filles. A. va en cassation. Il considère en effet que les motifs du verdict sont erronés. Les juges de la cassation lui donnent raison et renvoient la cause à juger. L’été dernier, sa peine est réduite: 29 mois et quinze jours de peine, dont 12 mois ferme. Mais le prévenu, qui admet avoir eu une relation sexuelle avec la victime, ne veut pas retourner en prison. Marié, il a un travail de vendeur et veut fonder une famille.

Un retour des Assises?

«Il n’a jamais été animé par une quelconque intention délictuelle et il était saoul, assure son avocat Me Romain Jordan. Avec le recul, il regrette les conséquences de ses actes sur la jeune femme.» Qui jugera cette affaire? Pour Me Jordan, la question reste ouverte: «De mon point de vue, mon client doit être rejugé devant une Cour d’assises comme le veut le droit transitoire.» Le Palais de justice restaurera-t-il ponctuellement un jury aboli par le peuple en votation populaire? «Je pense que oui. La justice devra prochainement trancher cette question avant de convoquer mon client.»

http://www.tdg.ch/geneve/actu-geneve/juge-annee-tournante-2011-01-27

Une réflexion sur “Il sera jugé cette année pour une tournante.

  1. Il s’agit d’un viol collectif, pas d’une tournante. Le terme tournante est un terme employé par les criminels violeurs pour minimiser leur culpabilité, banaliser leurs crimes et humilier leurs victimes.

    En langage populaire ou délinquant, on dit que l’on fait tourner un joint, une cigarette, une bouteille d’alcool… Dire qu’un viol collectif est une « tournante » c’est donc comparer la victime violée à un joint, une cigarette ou une bouteille d’alcool, c’est lui retirer jusqu’au droit d’être perçue comme un être humain…

    Les socialistes en France ont été les premiers avec les médias, à prendre un grand plaisir à substituer le mot « tournante » à ceux de « viol collectif ».
    Ces gens prennent le parti des criminels pour que la complainte socialiste contre la soi-disant politique sécuritaire soient légitimées…

    Ici, c’est « la tribune de Genève » (journal qui censure les opinions de droite sur son site…), journal socialiste, qui comme en France utilise la même rhétorique, même stratégie…

    Pour combattre ces crimes et pour la dignité de la victime, il faut parler de « viol collectif » et non plus de « tournante ».

    Le langage est une arme en politique et petit à petit c’est en changeant les mots qu’on fini par désarmer les esprits, le mot « tournante », banalise le viol et désarme les esprits contre le viol…

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