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Hassan* a tiré à six reprises sur Djamel pour 10 kilos de hasch

Hassan* a tiré à six reprises sur Djamel pour 10 kilos de drogue. Le jeune homme âgé de 19 ans au moment des faits est jugé pour assassinat par le Tribunal criminel de Genève.

Il s’est présenté au rendez-vous avec un pistolet, chargé, dans la poche de son pull à capuchon. «Mais je n’ai jamais, jamais, jamais, jamais eu l’intention de tuer qui que ce soit», assure Hassan* à la présidente de la Cour. Le 1er janvier 2009, le jeune homme alors âgé de 19 ans a pourtant tiré à six reprises, à bout portant, sur Djamel, qui avait fêté ses 18 ans une semaine plus tôt. Jugé depuis hier pour assassinat par le Tribunal criminel de Genève, il risque plus de 10 ans de prison.

Hassan, c’est l’escalade de la violence. A 15 ans, il frappe avec ses poings. A 16 ans, il donne un coup de couteau au visage d’un homme éméché. A 18 ans, il commet un brigandage, participe à une arnaque et menace un homme avec son couteau. A 19 ans, il tue. Avec un pistolet.

Le soir du drame, Hassan et Djamel ont rendez-vous vers 23 h dans un square des Eaux-Vives. Djamel doit apporter la drogue – 10 kilos de haschich – et Hassan l’argent – 30 000 euros. Si Djamel se présente seul au rendez-vous, six personnes, dont trois Lyonnais, l’attendent plus loin, dans des voitures.

Hassan, lui, vient seul. Avec un objectif précis: prendre les 10 kilos sans rien payer. D’ailleurs, il n’a rien sur lui. «L’arme, c’était pour l’intimider. Ou tirer un coup en l’air. Quand je suis arrivé, l’arme était prête au tir», explique-t-il.

Les deux hommes se saluent. Puis Djamel ouvre le sac-poubelle pour montrer la marchandise. «Je lui ai dit: «Je te fais confiance.» Et c’est là que j’ai sorti l’arme.» Après? «Il a crié, il m’a sauté dessus, il s’est agrippé à mon avant-bras. J’ai tiré une fois dans sa direction, mais je ne sais pas si je l’ai touché», poursuit Hassan d’une voix à peine audible.

L’accusé tire à cinq autres reprises. «C’était la panique. J’ai tiré pour me dégager, je voulais partir.» Le procureur Yves Bertossa intervient: «Il n’y a pas besoin de vider son chargeur pour fuir.» L’accusé: «Je ne sais pas ce qui m’est passé par la tête. Dès que j’ai pu partir, je suis parti.» Le procureur Bertossa, peu convaincu: «Vous vouliez fuir, mais vous avez quand même pensé à prendre la drogue. Vous savez, on court plus vite sans 10 kilos de drogue sur le dos!»

Le représentant du ministère public en est convaincu – et il l’écrit dans son acte d’accusation – Hassan avait décidé d’éliminer Djamel pour s’emparer de la drogue sans rien payer. «Après six balles tirées à bout portant, le défunt se tenait vraiment à vous comme un acharné?» demande-t-il à l’accusé. Réponse: «J’étais tellement paniqué, je n’ai rien calculé.»

Excuses refusées
Le procureur, d’une voix péremptoire: «Vous étiez tellement paniqué que, juste après les tirs, vous avez passé des coups de fil pour écouler la drogue. Vous n’avez pas prié pour la victime.» Hassan, penaud, répète pour la énième fois qu’il est «un imbécile». «Je ne savais pas qu’il était mort. Quand je suis parti, il était toujours debout. Lorsque j’ai appris son décès, dans les journaux, il n’était plus question de vendre la drogue. Je l’ai jetée.»

Et Hassan, se tournant vers la famille du défunt: «Je suis vraiment désolé. Je donnerais tout pour revenir en arrière, même ma vie.» Une des sœurs du défunt le regarde droit dans les yeux: «Tu as beau t’excuser, Djamel ne reviendra jamais.»

www.lematin.ch/actu/suisse/tue-haschich-400549

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