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«La majorité de mes amis bijoutiers a subi un casse»

Braquages | Sept jours après la violente attaque d’un commerçant à Lausanne, un de ses confrères évoque un quotidien sous tension.

Ami du bijoutier agressé la semaine dernière à Lausanne, Christian Châtelain tient la boutique familiale fondée en 1930 .

Ils courent toujours. Les deux hommes et la femme qui ont tabassé, sprayé, ligoté et braqué un bijoutier, mercredi dernier à Lausanne, se sont évanouis dans la nature avec leur butin.

Le commerçant ne vendait pourtant pas des montres de luxe. Ni des bijoux hors de prix. Sa spécialité, c’était plutôt la réparation de tocantes. «Je lui envoyais des clients. C’est un ami. Dans la profession aujourd’hui, on se dit que nul n’est plus à l’abri. Ce dernier braquage marque une évolution. On se demande qui sera le prochain», confie Christian Châtelain. A 50 ans, ce fils de bijoutier a pignon sur rue dans la boutique familiale qui existe depuis 1930 à Lausanne. Il témoigne de son quotidien.

Le sentiment d’être surveillé

Christian Châtelain n’a jamais été braqué, mais, désormais, la majorité de ses amis bijoutiers l’ont été au moins une fois dans le canton. Il se sent par contre «surveillé» plus souvent.

«Tout récemment, deux hommes sont entrés dans ma boutique, spécialisée dans la chronométrie. On reconnaît facilement les gens qui peuvent vous causer des problèmes. Ces inconnus n’ont pas répondu à notre bonjour, ils observaient le mobilier, l’arrière-boutique, la marchandise exposée dans nos vitrines, ils s’intéressaient aux marques que nous proposions. Ils n’ont finalement rien acheté. Et nous ne les avons pas revus. Ce n’est pas du délit de faciès. Juste un sixième sens.»

Ce jour-là, la tension était d’ailleurs à son comble, le personnel cherchant discrètement la télécommande actionnant l’alarme. En vain.

«A Lausanne, nous nous sentons encore en sécurité, même si la situation s’est nettement péjorée malgré les dires des politiciens et leurs statistiques. Je n’ai rien contre la police, qui fait le travail qu’elle peut avec les moyens et les missions qu’on lui confie», ajoute Christian Châtelain.

Faut-il s’armer?

Pour sa sécurité justement, et pour répondre aux exigences des assurances, le commerçant a voulu installer un simple store métallique. «Les autorités lausannoises ont trouvé que ce système aurait empiété sur le domaine public de quelques centimètres.» A grands frais, il a alors été contraint de reculer sa vitrine d’autant.

Il pense aussi, périodiquement, à s’armer. «J’y pense à chaque braquage, mais ce n’est pas réaliste. Et puis cela pourrait se retourner contre moi, si je blessais un de mes agresseurs. C’est le monde à l’envers.» Et c’est sans compter les clients qui se croient drôles et qui entrent dans son magasin en disant que c’est pour un braquage…

Si elle n’est pas locale, ni même cantonale, la solution pour Christian Châtelain serait fédérale: renégocier les Accords de Schengen qui ont fait de la Suisse «le nouveau marché des braqueurs.» En attendant, il fera comme ses confrères après chaque nouveau braquage: il mettra moins d’articles de marque dans ses vitrines, malgré les réticences de ses fournisseurs. Et s’il est victime à son tour d’une agression? «Je ne bougerai pas une oreille.»

www.24heures.ch/vaud-regions/actu/majorite-amis-bijoutiers-subi-casse-2011-04-26

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