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Comment le gang de La Chaux-de-Fonds est tombé

La bande emmenée par un Tchétchène a pu être arrêtée grâce à l’appel au secours d’une victime de trop de leur trafic et de leurs sévices.

Dérangé psychiquement, flambeur, H., un jeune Afghan de 24 ans, s’est révélé un lieutenant embarrassant, précipitant la chute du gang.

Dérangé psychiquement, flambeur, H., un jeune Afghan de 24 ans, s’est révélé un lieutenant embarrassant, précipitant la chute du gang.

Rien ne semblait pouvoir stopper les odieuses pratiques de Jamahat, ramassis de petits caïds réunis autour de I. (24 ans), Tchétchène établi à La Chaux-de-Fonds. Le jeune réfugié s’est lancé tôt dans le trafic de marijuana, usant de méthodes violentes dès 2008 au moins pour imposer une forme de monopole dans les Montagnes neuchâteloises. Mais malin et courtois avec la police quand il le fallait, il cachait bien son jeu.

Un bras droit trop bavard

Comme «Le Matin» l’a révélé hier, l’arrivée d’un comparse afghan, H. (24 ans), a accéléré le déclin du gang. Dérangé psychiquement, flambeur, H. s’est révélé un lieutenant embarrassant. «Pété dans les bars, il hurlait être de la mafia au pouvoir dans la région et que I. en était le maître», raconte un témoin. De quoi commencer à attirer l’attention. De premiers indices parviennent aux oreilles de la police vers fin 2011. I. et H. étant déjà connus de la justice pour des violences notamment, cette histoire de petite mafia locale ne semble pas totalement impossible.

Pris en flagrant délit

Début mars 2012, une enquête est ouverte. Elle s’accélère le 28 du même mois, grâce à l’appel au secours lancé par un jeune apprenti depuis un magasin Interdiscount de La Chaux-de-Fonds. Il fait savoir à la police que H. est en train de l’obliger à contracter un abonnement pour un iPhone afin de le revendre au marché noir.

H. se fait arrêter en flagrant délit. Comme pour une longue liste de très jeunes fumeurs de joints, il se révélera que celui qui a appelé au secours s’était fait battre et menacer par H. pour ramener un maximum d’argent que l’Afghan disait devoir à son chef tchétchène.

Racket, violence verbale et physique: les méthodes toujours plus dures appliquées par les chefs de Jamahat ont heureusement causé sa perte. I. sera arrêté au mois de mai, avec un ancien complice congolais. Puis viendra le tour de D. (23 ans), Bosniaque naturalisé Suisse.

L’enquête qui touche à sa fin dénombre une trentaine de jeunes victimes. Il était temps qu’elles puissent avouer ce qu’elles ont subi, même au risque d’une petite condamnation pour consommation d’herbe. Selon nos informations, certains jeunes, endettés sous la contrainte et en dérive dans leurs études, ont avoué aux enquêteurs avoir pensé au suicide.

LES SÉVICES INFLIGÉS PAR LES CHEFS DU TRAFIC

Racket en tout genre
Smartphones, téléviseurs, lave-linge, alliances en or, assurances: la liste des achats à crédit auquel le gang Jamahat a contraint de jeunes fumeurs de joints est longue. L’un d’eux s’est même fait saisir son salaire d’apprenti (1250 fr.).

Coups en série
Les témoignages font état d’un nombre incalculable de passages à tabac, d’injures et de menaces. Du genre: «Je vais défoncer ta copine!»

Supplice de la cave
Par deux fois, à l’été 2011, un des principaux revendeurs du gang au Locle sera amené encagoulé dans une cave, attaché à une chaise et roué de coups pendant des heures. I., H. et D., qui s’y mettent à trois pour le fracasser, lui réclament 2000 petits francs!

http://www.lematin.ch/faits-divers/gang-chauxdefonds-tombe/story/27370469

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