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La criminalité explose? Mais nous avons tout fait pour ça!

Je vous propose ici un article de PHILIPPE BARRAUD

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La statistiques attestant de l’augmentation vertigineuse de la criminalité en Suisse, en particulier à Lausanne et à Genève, devraient faire bondir les autorités locales. A l’étranger, notre pays passe encore pour un havre de paix et de sécurité. Jusqu’à ce qu’on réalise que c’était il y a… longtemps!
Dieu merci la mémoire collective est durable. N’empêche: on finira bien par réaliser que la Suisse est devenue moins sûre que ses voisins; déjà, les Etats-Unis déconseillent à leurs citoyens de séjourner en Suisse. On nous dira que c’est un moindre mal, et que la sécurité des citoyens passe avant l’image de nos villes dans le monde: sans doute mais, pour une ville comme Genève qui veut briller dans le monde, cette affolante spirale criminelle est désastreuse.
Le plus tragique est que nous sommes largement responsables de cette situation. Il y a d’abord le naufrage du Code pénal révisé en 2001, qui se soucie bien davantage du sort des délinquants que de la protection de la société: police paralysée par des procédures absurdes, juges menottés par des dispositions pénales lénifiantes – la preuve est largement faite que ce système, qui transpire l’idéalisme de gauche, est un échec cuisant.
Que n’a-t-on entendu à l’époque! Mme Anne-Catherine Menétrey estimait que le nouveau Code pénal représenterait un progrès par rapport au code actuel, car celui-ci faisait «constamment sentir aux auteurs d’infraction qu’ils sont avant tout punis, qu’ils exécutent une peine et sont l’objet d’une décision de justice, et non pas le sujet ou la partie prenante d’un processus de réhabilitation». Sûr que les auteurs d’infractions disent aujourd’hui merci à Mme Menétrey, et se réjouissent tous les jours d’être «partie prenante d’un processus de réhabilitation», et plus précisément, libres de récidiver selon leur bon plaisir! En tout cas, ils ont bien conscience qu’en Suisse, ils ne seront pas punis.
Pour appuyer sa collègue, le socialiste Nils de Dardel assurait quant à lui que «le système du jour-amende est un excellent système: il introduit plus d’égalité, il donne plus de latitude aux juges pour rendre des décisions plus équilibrées et, surtout, il aboutira incontestablement à des résultats plus satisfaisants, du point de vue de l’efficacité de la peine pénale…»
Poser ce constat d’échec est une chose: encore faut-il y remédier. Et comme toute révision législative, celle-ci va prendre un temps fou, la gauche va défendre «son» code pénal parce qu’on ne peut pas se renier ainsi. De sorte que, au bout d’interminables débats, le parlement pourrait bien accoucher d’une révision de consensus, c’est-à-dire timide et inopérante. A moins que le centre-droite, cette fois-ci, mesure l’importance de ce qui se discute, plutôt que de se laisser embobiner comme en 2001. S’il faut faire le reproche à la gauche d’avoir fortement marqué la révision du Code pénal, il faut reprocher de manière non moins véhémente au camp bourgeois de s’être complètement désintéressé de cette question à l’époque.
L’autre piège que les Suisses se sont tendus à eux-mêmes, c’est Schengen, et ils sont tombés dedans de manière spectaculaire. On ne peut certes pas fermer hermétiquement les frontières, mais il est évident qu’une surveillance ciblée doit être mise en place, puisque la libre-circulation des personnes met en péril la sécurité publique. Et non pas aux minuscules postes-frontière du Jura, comme lorsqu’on traquait les trafiquants de génisses montbéliardes, mais au postes autoroutiers, qui sont l’échappatoire favorite des délinquants opérant depuis la France. Alors oui, cela occasionnera sans doute un léger inconfort pour les automobilistes, mais en échange nous y gagnerons une certaine dissuasion envers les criminels, et donc un accroissement de la sécurité pour les citoyens. No big deal, comme disent les Américains: le Danemark a réintroduit certains contrôles aux frontières et, aux dernières nouvelles, n’a pas été exclu de l’Union européenne.
Reste, à Genève en particulier, le cas des requérants d’asile et des clandestins maghrébins. Si vraiment il n’est pas possible de renvoyer ces multirécidivistes dans leur pays, ou dans le pays d’entrée dans l’UE, alors il faut les interner – et qu’on ne vienne pas nous dire que les prisons sont pleines, de grâce!
En matière sécuritaire, la Suisse se réveille coincée dans un corset juridique et réglementaire qu’elle a elle-même tissé, et dont elle ne pourra sortir qu’après de grandes difficultés. On ne sort pas de là: dans ce domaine, l’angélisme conduit de manière certaine à la catastrophe.

http://www.commentaires.com/suisse/la-criminalite-explose-mais-nous-avons-tout-fait-pour-ca

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