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Un policier lausannois raconte son quotidien avec des délinquants difficiles

rambos police Lausanne

Le Printemps arabe n’est souvent qu’un prétexte, analyse Stéphane Volper. L’adjoint du chef de la brigade criminelle de la police judiciaire de Lausanne piste l’exode des Maghrébins vers la Suisse. «Les Tunisiens, par exemple, transitent par l’Italie, passent par la France, puis débarquent chez nous. Notre pays est un véritable eldorado.» Ces individus ont besoin d’argent.

Les personnes qui écument la capitale vaudoise sont à la fois des requérants sans espoir d’obtenir l’asile et des clandestins, précise-t-il. Hommes, jeunes et célibataires. «Ils sont les responsables présumés de beaucoup de vols.» Présumés? «Oui, car il est difficile de les identifier. Souvent, ils n’ont pas de passeport. Ils agissent par petits groupes dont la composition varie sans cesse. Ils improvisent au gré des occasions.» En outre, «ils passent rarement aux aveux et ne se dénoncent pas.» L’adjoint explique: «Ils sont très peu structurés. Il n’y a pas de chef, contrairement à d’autres bandes, à l’image des Géorgiens ou des ressortissants d’Europe de l’Est dont nous avons démantelé des réseaux mafieux.»

Le phénomène touche les villes. Tout l’Arc lémanique est concerné. Cette population se moque des frontières cantonales, indique Stéphane Volper. Elle connaît les failles des procédures d’asile et du Code pénal. «Ces gens en profitent pour rester en Suisse et éviter de trop lourdes peines.»

Interventions ciblées

Au fil du temps, ces ressortissants ont commencé à se mêler du trafic de drogue, d’héroïne principalement. Certains en consomment. La violence s’est imposée aussi, note l’inspecteur. L’hiver dernier, le braquage armé par des délinquants maghrébins d’un magasin Denner en ville a déclenché la cote d’alerte. «Nous avons mis tout en œuvre pour appréhender les malfaiteurs. Ce qui a été fait. Nous voulions montrer que des actes pareils ne pouvaient pas rester impunis.»

En revanche, les cambriolages, les voitures dévalisées, les colliers arrachés alimentent un cercle sans fin d’arrestations, de sanctions faiblement dissuasives, de récidives, de renvois impossibles. Ils finissent par générer «de la lassitude chez les agents», admet Stéphane Volper. Mais nous ne nous sentons pas impuissants.» En revanche, il s’agit d’adapter l’engagement des forces de l’ordre à la nouvelle donne. «Des enquêtes complexes de deux ou trois mois pour des délits mineurs, ce n’est peut-être pas le bon moyen de faire face. Il faudrait plutôt des interventions ciblées, d’envergure.» Lausanne s’apprête à les déployer. Ce fut le cas par le passé avec l’opération Strada destinée à endiguer les cartels de la drogue. «On pourrait même, suggère le policier, instituer comme en France la comparution immédiate en cas de flagrant délit.»

www.letemps.ch août 2012

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