Economie/Immigration/Insécurité

La mafia des Géorgiens veut piller la Suisse

VOLS

L’arrestation d’une centaine de cambrioleurs géorgiens n’a pas éradiqué leur criminalité en Suisse. Une enquête de la Confédération révèle l’organisation redoutable de cette mafia internationale.

Une centaine de cambrioleurs géorgiens ont été arrêtés, mais les vols continuent. Une enquête du Parquet fédéral révèle le fonctionnement redoutable du clan des Géorgiens. L’acte d’accusation, que «Le Matin Dimanche» a pu consulter, décrit une organisation mafieuse et un objectif clair: «écumer la Suisse». Les Géorgiens ont divisé le territoire en quatre zones: la Suisse romande, la Suisse centrale, la Suisse orientale et le Tessin. Chaque région a son chef, qui est lui-même subordonné au responsable suisse. Les membres sont recrutés, souvent parmi les délinquants et parfois de force. Les plus hauts gradés jurent allégeance à l’organisation et portent des tatouages identitaires. Ces «voleurs dans la loi», comme on les appelle, marquent leur adhésion au clan sur leur corps, avec un tatouage, par exemple en forme d’étoiles à huit branches, sur les clavicules.

mafia géorgiens

Aujourd’hui, l’organisation est décapitée. Plusieurs chefs ont été arrêtés. Mais les cambrioleurs œuvrent toujours. Et la mafia, puissante, subsiste du Caucase à l’Espagne.

Entre les autorités suisses et le gang international des cambrioleurs géorgiens, la guerre est déclarée. Ces spécialistes de l’arrachage de serrures sont responsables de l’explosion du nombre des cambriolages en Suisse romande. En 2009, deux gros coups de filet avaient fait date. Dans les cantons de Vaud et de Genève, 80 membres de la « Georgian connection » avaient été arrêtés. A ce tableau de chasse, il faut ajouter, depuis le 28 juin dernier, la condamnation par le Tribunal pénal fédéral (TPF) de quatre mafieux de l’Est. S’ils ont encore la possibilité de faire recours, leur détention a ébranlé la filière, selon le Ministère public de la Confédération qui a mené l’enquête. Mais les voleurs sont bel et bien toujours là…

Emblème de l'organisation criminelle, les "Voleurs dans la loi"

Emblème de l’organisation criminelle, les « Voleurs dans la loi »

L’enquête fédérale a abouti à l’arrestation de D.G., K.D., T.M. et Z.N., le 15 mars 2010. Le même jour, la police espagnole avait mis la main sur le chef européen, K.S., à Barcelone. D’autres polices européennes sont intervenues. Les « Voleurs dans la loi » en Suisse dépendaient d’un réseau qui couvrait aussi l’Allemagne, l’Autriche, la France et l’Italie. Mais le chef suprême a pu échapper au coup de filet. « Cette opération a été déclenchée par l’enquête des autorités helvétiques », affirme Félix Reinmann. Le procureur fédéral en charge du dossier relativise, toutefois.

« Nous allons écumer la Suisse »

L’enquête du parquet fédéral révèle l’existence d’une véritable mafia qui s’étend de la Suisse jusqu’au Caucase. Ces voleurs géorgiens et russes seraient membres d’une organisation très structurée, avec ses lois et ses chefs qui organisent le ratissage du territoire. Le TPF a ainsi condamné le chef helvétique du clan, D.G. (un Russe âgé de 36 ans), à 90 mois de prison ferme, son bras droit, K.D. (33 ans), à 90 mois et son homme à tout faire, T.M. (29 ans), à 51 mois. ainsi que le chef pour le Tessin, Z.N. (35 ans) à 78 mois de détention. Ils ont tous été reconnus coupables de participation au crime organisé.

Les 75 pages de l’acte d’accusation décrivent une organisation mafieuse avec un objectif précis: « Nous allons écumer la Suisse », aurait même affirmé un de ses membres, selon des écoutes téléphoniques effectuées en 2009 lors de l’enquête de la Confédération. D’après l’acte d’accusation, les 4 condamnés sont des membres actifs des « Vory v Zakone », soit les « Voleurs dans la loi »: une dénomination que se donnent les membres influents des mafias structurées et hiérarchisées dans les pays de l’Est. Les « Voleurs dans la loi » se regroupent et travaillent par ethnie: en l’occurrence, cette équipe de brigands font partie du clan de Mingrélie, une région de l’Ouest de la Géorgie. Ces voleurs jurent allégeance à l’organisation. Ils reconnaissent ne servir que le monde criminel et être loyaux uniquement à leurs pairs. Ils promettent de transmettre l’idéologie du clan et rejettent toute famille, tout domicile, toute propriété privée. Ils ne reconnaissent pas l’etat de droit.

Les « Voleurs dans la loi » marquent leur adhésion et leur grade sur leur corps, comme K.D., avec un tatouage en forme d’étoiles à huit branches, qui rappelle une rose des vents, sur les clavicules. Et aussi sur les deux genoux pour affirmer qu’ils ne s’agenouilleront jamais devant l’autorité. « Un voleur dans la loi est adoubé, après plusieurs années d’expérience, par cinq pairs lors d’une réunion secrète », explique un inspecteur de la police judiciaire fédérale qui a suivi l’enquête. L’agent ne peut pas exclure que de telles séances d’intronisation n’aient jamais eu lieu en Suisse.

Vor v znakone nakolki

Après plus de deux ans de filatures et d’écoutes, l’enquête fédérale a découvert le mode de fonctionnement de ce clan géorgien. Ses membres avaient divisé le territoire suisse en quatre régions: la Suisse romande, la Suisse centrale, la Suisse orientale et le Tessin. Chaque one avait son responsable. Un cinquième boss supervisait le travail pour la Suisse.

Enrôlés parfois de force

chaque chef régional commande son armée de cambrioleurs. Ces derniers sont des délinquants multirécidivistes, polytoxicomanes et marginaux qui sont venus en Suisse par leurs propres moyens. A leur arrivée dès 2005, ils n’étaient pas forcément liés à l’organisation des « Voleurs dans la loi ». Ils le sont devenus par la suite. « Ils travaillent d’abord de manière indépendante, explique le procureur Félix Reinmann. Puis, les chefs arrivent sur le territoire, après un ordre lancé depuis l’Est. » Les responsables partent alors à la recherche de délinquants géorgiens pour les fédérer. Ils se rencontrent dans des cafés, des parcs publics et des lieux de culte orthodoxes. Les chefs les enrôlent, parfois de force, et organisent les séances de travail.

Tout est bon à prendre pour l’organisation. Ces mebres peuvent passer du cambriolage de villa au simple vol d’une bouteille de parfum dans une grande surface. Enchaînant les délits, parfois plusieurs fois par jour. « C’est un style de vie, explique Félix Reinmann. Le but est d’abord de subvenir à leurs besoin, ensuite, ils enrichissent l’organisation. » Tout le monde travaille: les commandants et les soldats. « Ils mènent une vie ordinaire, certains hauts responsables sont mariés, malgré leur serment, et ont un domicile. Ce qui leur permet de passer inaperçus. Ils aiment la discrétion », poursuit le procureur fédéral.

Dans sa zone de compétence, chaque chef est le « gardien de l’obschak »: c’est le nom d’une caisse noire alimentée par le produit des vols. Tous les soldats enrôlés dans l’organisation suisse – plus d’une centaine probablement – doivent verser à leur responsable direct, le 25 de chaque mois, une cotisation de près de 50 francs ou plus, et 15% de leurs revenus criminels. En échange, ils bénéficient de la protection du clan et peuvent ainsi jouir du reste de leur butin. Le chef récolte l’argent et inscrit son versement sur la liste de l’obschak. Les bénéfices ont deux fonctions: ils servent à soutenir les membres du clan qui sont en détention (cigarettes, avocats, drogue, téléphone, chèques) et financent la vie de l’organisation.

Blanchiment d’argent

L’argent remonte de la Suisse jusqu’au Caucase. Chaque chef régional transmet la liste de l’obschak, et la somme correspondante, à son supérieur national. Ce dernier renvoie le tout au responsable européen. Au final, les bénéfices criminels sont réinvestis en Europe, notamment dans l’immobilier, et en espèce en Russie pour le chef du réseau. « Ces envois européens peuvent atteindre 50’000 euros, plusieurs fois par année », explique un enquêteur de la police judiciaire fédérale qui précise que ces sommes peuvent paraître modestes, « mais c’est leur addition qui est impressionnante ». Par ailleurs, leur domaine d’activité ne se limite pas au vol. Ils peuvent aussi être actifs dans le deal de drogue et le blanchiment d’argent.

Certes, l’organisation est aujourd’hui décapitée, et les cambrioleurs géorgiens sont désorganisés. Mais ils oeuvrent toujours en Suisse. Et ils n’attendent que l’arrivée dans nouveau chef des « Voleurs dans la loi » pour se restructurer. L’enquête fédérale continue d’ailleurs. Une trentaine de personnes seraient concernées.

www.lematin.ch/suisse/mafia-georgiens-veut-piller-suisse/story/27278127

 

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Une réflexion sur “La mafia des Géorgiens veut piller la Suisse

  1. En 2012 les étrangers ont envoyés, via les agences de transferts d’argent, 20 milliards de fr suisses! *20 milliards ça vous dit quelques chose*! Là dedans il y a de l’argent sale, mais l’état touche aussi des taxes sur l’argent sale en Suisse! Une affaire très morale! En gros notre gouvernement touche des bénefs sur, la drogue et les cambriolages! Etat proxo donc!

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