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Asile: trop c’est trop

Des problèmes minoritaires statistiquement peuvent devenir majeurs politiquement, prendre place au premier rang des préoccupations populaires et créer de graves tensions sociales et politiques, parfois très dangereuses. C’est le cas de l’asile depuis de nombreuses années.

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Article republié à l’occasion de la Journée de l’Asile de la Radio suisse romande, 23 mai 2012.

L’angélisme n’est pas mort, et le problème va en s’aggravant, alors même que certains  acteurs politico-médiatiques, surtout de gauche bien sûr, continuent  à minimiser le problème et à tenter de nous culpabiliser encore  au nom de toutes sortes de sentiments. L’angélisme, contrairement  à ce que prétendent certains, n’a pas non plus cédé sa place à plus de réalisme.
Soyons très clairs: le statut de réfugié est précieux, un acquis de notre vision du monde, de notre civilisation, ouverte, humanitaire et solidaire; une très grande majorité  de la population partage cette vision. Mais l’asile a été à ce point dénaturé, détourné et perverti qu’il est en train d’engendrer un mouvement général de ressentiment et de révolte.

Dire la réalité

Remède proposé? Comme à propos de tous les problèmes sociaux brûlants: dire la réalité, rien que la réalité. C’est cela que veut la population. Ensuite, agir de la manière la plus ferme et déterminée contre l’inacceptable et le faire savoir, eu égard notamment à la partie de la population suisse qui est elle-même confrontée  à des difficultés et des besoins de première nécessité.
Oui, il y a des personnes qui ont besoin de l’asile mais il est vrai aussi que la filière de l’asile est devenue l’une des voies choisie par ceux qui cherchent simplement du travail et un avenir meilleur dans un pays comme le nôtre, pays qui donne encore, par  son laxisme, une image d’eldorado. Il faut changer cette image par des signaux clairs et répétés.

Asile et criminalité

Ensuite, et c’est évidemment le pire, la voie de l’asile est devenue  une filière de la criminalité, et cette dernière n’est pas mineure; en fait elle est de plus en plus importante, organisée  et dangereuse. Et c’est le cas depuis longtemps.
Il est  d’ailleurs surprenant d’entendre  un Conseiller d’Etat genevois  parler à la radio, il y a quelques  jours, de «réfugiés» à propos d’un foyer  de demandeurs d’asile comprenant des personnes dont on ne sait  pas encore s’ils seront admis ou non comme réfugiés effectifs.
Pour ce qui est de la criminalité, la tradition est ancienne. Exemple: lorsque  le dernier dictateur  albanais communiste  a cédé, en 1990, après des semaines de manifestations dans toute l’ Europe , les manifestants ont crié victoire  et dansaient de contentement  partout à la ronde en voyant arriver  des milliers de «réfugiés» à travers la Méditerranée. En réalité, le dictateur, avant  d’être démis, avait ouvert les prisons; des milliers de criminels sont  arrivés. Ramiz Alia  a tout simplement réédité le coup de Castro à Cuba en 1980. Les vrais résistants avaient déjà été fusillés par centaines. Pour ainsi dire aucun média n’a alors parlé de cela, de peur d’attiser la xénophobie, notre maladie congénitale, comme chacun sait. Mais ces criminels sont toujours parmi nous et ont eu le temps de créer toutes sortes de filières criminelles et de rendre la vie quotidienne de plus en plus inquiétante et dangereuses, malgré une nouvelle fois, les nombreuses dénégations et minimisations  de nos bien-pensants («nous devenons un pays comme les autres»). D’autres filières criminelles se sont bien sûr  encore ajoutées à celles-là.

Les vrais réfugiés sont peu nombreux…

Ensuite, faut-il redire que très peu de requérants sont acceptés comme réfugiés, malgré, une nouvelle fois, les dénégations  systématiques, affectées, vertueuses de ceux  qui volent au secours du premier venu sans se soucier de ce qui il s’agit  en réalité.
Quelques chiffres. Dans toute l’Europe, en 2010, sur les 260’000 demandes d’asile, 75% ont été rejetées; en France, ce sont même 86% de rejets, cela en première instance. Un responsable  de l’asile en Suisse, congédié par l’actuelle ministre responsable, avait osé dire à propos des Nigérians que seuls quelques rares demandeurs avaient été acceptés sur plus d’un millier. Ah! ces vérités qu’il ne faut pas divulguer. Toujours par peur de la «xénophobie», pardon du «racisme» du peuple ?
La Suisse pourrait en accueillir bien davantage, entend-on constamment. En réalité, notre pays est parmi ceux qui reçoivent, proportionnellement, le plus de demandes, beaucoup plus (plus  de 20’000 en 2010; la France presque dix fois plus peuplée, a refusée 32’505 sur 37’620 décisions de première instance; l’Allemagne  a refusé 34’885 sur  45’310, etc, (chiffres: EcoInter View, Blog d’économie internationale).
Un hebdomadaire comme la Weltwoche  est un des rares journaux  à montrer régulièrement et sans gêne des cas d’abus scandaleux. Mais  il est «blochérisé», cela va de soi.

Pas d’aide économique sans reprises des faux réfugiés

La question des pays qui refusent de reprendre leurs  ressortissants. La Suisse  n’ose pas lier son aide à la coopération  économique à la  reprise des faux réfugiés. Cette fois j’utilise le terme, puisque c’est la réalité.
Le coût du traitement de ces requérants dont la très large majorité n’en sont pas? On a entendu les chiffres les plus divers, sans doute souvent dans le sens, ici aussi, de la minimisation. Parfois c’est un milliard , parfois 2 milliards ou plus encore. Des centaines de personnes sont  affectées à ce travail de tri. En France avec un taux de rejets beaucoup plus élevé, les frais sont nettement moins élevés. Pourquoi ?

Les autres pays en exemples ?

Certains  viennent  néanmoins nous dire qu’il faudrait engager plus de personnel pour décider plus rapidement, en signalant l’exemple de la Hollande qui fait appel à un pool de «600 à 700 avocats», et l’organisation qui y correspond à l’OSAR suisse  compte  600 collaborateurs.(D.Graf , Le Temps 23.1.2012).Modèle à suivre ?

Les médias : minimisation et culpabilisation

Du côté des médias, la tradition de la minimisation est elle aussi longue, de même que la volonté de culpabiliser la population, au nom d’une conscience  morale et d’une générosité supérieure de la part de journalistes modèles et exemplaires, évidemment.
Quelques exemples rapides, puisqu’il  va de soi que nous exagérons. Le Parlement veut prendre des mesures afin de tenter de limiter  les abus: le journal Le Temps (16.03.2005) commente  et se gausse: «la barque est vide».  Quelque jours plus  tard (21.03.2005): «La loi sur l’asile devient une loi contre l’asile».Un autre journaliste: l’asile  ne pose même pas de problème majeur car les chiffres n’ont jamais été aussi bas »(Tribune de Genève 19-20.3.2005).
Malgré l’aggravation de la situation, le ton ironisant, persifleur, moralisant et donneur de leçon se perpétue.

La Suisse dupée ?

Le Temps (04.02.2012) parle des Tunisiens  qui sont  arrivés  après la libération du pays – il faut espérer qu’il s’agit  bien d’une libération – et qui posent bien des problèmes dans plusieurs endroits de notre pays, comme  étant «simplement à la recherche d’un avenir meilleur». Et s’il y avait là de nouveau une situation semblable, en partie en tout cas,  à celle de la «libération» d’autres pays , avec ouverture des prisons, etc. Scandaleux de poser ce genre de problème ? Dans ce journal on préfère  parler de «réflexes égoïstes» des cantons, devant les réticences de ces derniers. Bref, comme il se doit, c’est la Suisse et les Suisses qui sont soit incompétents ou  coupables.

Alors que faire?

La solution n’est évidemment pas simple. Mais la Suisse doit à coup sûr donner une autre image d’elle-même; montrer que nous ne sommes pas une passoire  qui peut accueillir toute la misère et tous les espoirs du monde. Recréer une image, d’une part, d’ouverture et de générosité, mais sans naïveté, et, d’autre part, de grande fermeté. Quand s’arrêtera la tendance à l’autoflagellation et à la culpabilisation? Osons-nous encore être fermes et durs quand il le faut, ne serait-ce que par respect  pour nos propres citoyens dans la difficulté, et ce n’est pas une image. Sinon le risque d’un retour à des actes violents (foyers de requérants incendiés, etc) et à des durcissements politiques, qui ne pourront que renforcer certains partis politiques pourtant tant honnis, constitue une probabilité non négligeable.
L’annonce d’un moratoire serait-il totalement impossible? On aime tellement les moratoires quand on n’ose pas décider. Ce serait en tout cas un signe fort et qui laisserait un peu de temps pour tenter de mieux maîtriser la situation. Les règles internationales sont une chose,  mais lorsqu’elles entraînent de sérieux troubles politiques, on doit pouvoir les adapter, car il n’est pas acceptable qu’une population entière souffre d’abus scandaleux, d’une insécurité bien réelle et croissante et d’une détérioration générale du climat politique.

http://www.lesobservateurs.ch/politique/asile-trop-cest-trop

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Une réflexion sur “Asile: trop c’est trop

  1. Quand ça explosera se ne sera pas seulement en France. Genève est une poubelle à immigrés, la prison locale compte 92% d’étranger ! Hallucinant, les gens modestes ne peuvent plus se loger, des milliers d’immigrés arrivent et se logent via des réseaux « d’amis » et nous on doit la boucler. Allez voir qui vit dans les logements sociaux… Faites les boite à lettres… L’insécurité s’est installée durablement, comme le chômage. Cette ville est devenue sale, dégueulasse, une honte. Les politiques locaux à quelques rares exceptions près se foutent totalement du destin des genevois et des étrangers qui vivent ici depuis des décennies. Leurs carrières personnelles, leurs comptes en banque et leurs égos sont bien plus importants. Quand le vent tournera…

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