Actualité/Canton/Etranger/Opinion/Politique

La mendicité va faire son retour au Grand Conseil

Une commission de députés adopte un texte visant l’interdiction de tendre la main en terre vaudoise. Débat serré en vue.

481081_416438098415366_1238089485_n

Après Lausanne, qui débattra de ce thème à la fin du mois, ce sera au tour du Grand Conseil de se déchirer sur la question de la mendicité. Une motion visant son interdiction dans tout le canton a récemment été soutenue par une commission composée de neuf députés. De quoi promettre un vif débat au sein de l’hémicycle cantonal, qui verra la gauche et la droite camper sur leurs positions respectives. Déposée en septembre dernier, la motion du député UDC François Brélaz demande au Conseil d’Etat d’interdire tout acte de mendicité sur le territoire cantonal et de soumettre les contrevenants à la loi sur les contraventions.

Sur le plan communal, il n’est pas impossible qu’une majorité d’élus lausannois adopte un règlement qui, s’il est perçu comme restrictif, n’interdit pas absolument de tendre la main dans les rues de la capitale. A la tête de l’initiative populaire visant l’interdiction de la mendicité «par métier» à Lausanne, le député PLR Mathieu Blanc n’en a pas moins soutenu le texte présenté au Grand Conseil. Et cela malgré l’aspect généraliste de l’interdiction.

Pour le libéral-radical, seule une interdiction totale de la mendicité peut techniquement être introduite à l’échelon cantonal. «Mais on peut admettre de poser le principe en sachant que la police ne pourra pas tout faire», dit Mathieu Blanc. Une forme de tolérance que l’on retrouve par ailleurs sur la route, justifie-t-il.

La commission du Grand Conseil, formée en majorité de députés de droite, a donc adopté largement la proposition UDC. Le phénomène de déplacement des mendiants au gré des interdits prononcés par les Communes pourrait justifier une loi cantonale, a estimé la majorité de la commission. Le filet social «suffisant» dans le canton, ainsi que le constat d’une mendicité en forte baisse dans l’Ouest lausannois depuis son interdiction dans huit communes, ont convaincu.

Front gauche-droite

Reste à voir ce que donneront les débats en séance plénière du Grand Conseil. Si une majorité de la commission était favorable au texte de l’UDC, ses trois membres représentants l’aile gauche ne comptent pas en rester là. Un rapport de minorité est attendu du côté des Verts et des socialistes. «Nous nous opposerons fondamentalement à ce texte», réagit le député socialiste Nicolas Rochat. Il dénonce «l’agitation» provoquée par l’UDC dans un débat que le Grand Conseil a déjà abordé à plusieurs reprises. A chaque fois, les restrictions avaient été écartées.

L’argument de l’autonomie des communes l’avait emporté jusque-là. «La gestion de la mendicité relève toujours des Communes, réagit la conseillère d’Etat Béatrice Métraux. Pour le gouvernement, aucun élément n’est venu changer cette analyse depuis le dernier débat.»

En 2008, le libéral Philippe Leuba avait réussi à rallier ses troupes à cet argument, et l’interdiction cantonale de mendier avait été largement écartée. Or, cette fois, les libéraux-radicaux regroupés pourraient faire bloc en faveur d’une interdiction. Le député Frédéric Borloz penche même pour «une très large majorité» du PLR. En y ajoutant l’intégralité des élus UDC et quelques Vert’libéraux, la balance tend à s’équilibrer entre gauche et droite. A n’en pas douter, le débat sera serré au parlement.

http://www.24heures.ch/vaud-regions/mendicite-retour-grand-conseil/story/11231295

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s