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Trois accords et quelques bémols ! A lire attentivement !

Après le Nigeria il y a deux ans, la conseillère fédérale Simonetta Sommaruga a conclu de nouveaux partenariats avec la République démocratique du Congo et l’Angola.

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Elle n’aura pas fait le voyage pour rien, diraient les journalistes sportifs. Après la République démocratique du Congo (RDC) lundi, la conseillère fédérale Simonetta Sommaruga devait signer hier un nouvel accord de coopération migratoire avec l’Angola. Pour commencer sa tournée africaine qui s’achèvera demain (jeudi), la cheffe du Département fédéral de justice et police s’était par ailleurs rendue au Nigeria de vendredi à dimanche dernier. Elle y avait fait le point avec les autorités nigérianes sur le partenariat migratoire conclu en 2011.

Trois Etats africains, trois accords (quatre avec celui passé avec la Tunisie en juin dernier) basés sur un même modèle, celui du donnant-donnant: tu reprends tes requérants d’asile déboutés, et je t’aide à gérer tes flux migratoires tout en développant des projets de coopération.

Aide de 6000 francs

Dans le cas du Nigeria, la Suisse offre une aide financière (6000francs, selon le «Blick») aux requérants souhaitant lancer une affaire ou entreprendre une formation une fois rentrés chez eux. «Avec cette aide au retour, on peut vraiment donner une perspective aux gens qui rentrent dans leur pays», expliquait lundi soir Simonetta Sommaruga sur les ondes de la RTS après avoir rendu visite à trois bénéficiaires dans leur magasin.

Suisse et Nigeria coopèrent encore contre le trafic de drogue et la traite des êtres humains. Enfin, des stagiaires nigérians sont accueillis en Suisse pour s’y former. L’Institut agricole de Grangeneuve était pressenti pour recevoir de tels étudiants. Mais l’idée a avorté «par manque de moyens financiers», indique la direction. Dans le cas de l’Angola et de la RDC, des projets de coopération sont également en discussion, mais n’ont pas encore été définitivement arrêtés, selon l’Office fédéral des migrations (ODM).

La Suisse donne donc, mais pour quels résultats? Premier constat: le partenariat migratoire avec le Nigeria n’a pas tari le flux des demandes d’asile. En 2012, 2746 demandes ont été déposées par des ressortissants nigérians (+45% par rapport à 2011). Ce qui fait du grand pays d’Afrique de l’Ouest le deuxième pays de provenance, derrière l’Erythrée (4407 demandes enregistrées). «Cette évolution repose avant tout sur la poursuite de la migration de personnes qui ont eu séjourné dans un autre pays européen, principalement l’Italie ou dans certains cas l’Espagne», nuance toutefois l’ODM.

Une demande acceptée!

Pour Berne, les Nigérians arrivés en Suisse sont des migrants économiques ne répondant pas aux critères de la loi sur l’asile. Résultat, une seule personne s’est vu octroyer le statut de réfugié l’an passé. Les autres doivent quitter la Suisse, de gré ou de force. Les renvois forcés vers le Nigeria ont d’ailleurs repris, après une interruption consécutive au décès d’un requérant en 2010.

Selon les services de Simonetta Sommaruga, le partenariat migratoire a facilité le retour des requérants nigérians déboutés, qui fonctionne aujourd’hui «de manière satisfaisante» même s’il nécessitera encore «des efforts d’optimisation». L’an dernier, 1428 Nigérians ont ainsi quitté la Suisse par voie aérienne après avoir été contrôlés par les autorités. «La grande majorité (près de 75%) de ces personnes a pu être transférée vers un autre Etat européen en vertu de l’Accord de Dublin», qui stipule qu’un requérant débouté est renvoyé dans le premier Etat européen signataire où il a tenté sa chance. «Sans vouloir tirer de conclusion définitive, le lien de cause à effet entre le partenariat migratoire et l’intensification du processus de renvois paraît vraisemblable», commente la conseillère nationale socialiste Cesla Amarelle (VD).

En comparaison du Nigeria, les accords passés avec la République démocratique du Congo (227 demandes d’asile en 2012, +36% par rapport à 2011) et l’Angola (85 demandes, –18%) semblent quant à eux nettement moins stratégiques. Pour l’instant du moins. «Les chiffres des demandes d’asile ne sont que difficilement prévisibles à moyen et long terme», justifie l’ODM. Qui laisse entendre que des discussions ont cours avec d’autres Etats. Simonetta Sommaruga n’a sans doute pas fini de voyager.

Pour sa camarade de parti Cesla Amarelle, en tout cas, elle doit aller plus loin. Et passer, en collaboration avec l’Union européenne, à des «partenariats de mobilité» permettant à de petits contingents de personnes de venir se former quelques années en Suisse avant de retourner au pays. «Tant que l’on parle de contingents, accepter de la main-d’œuvre non qualifiée me semble aussi envisageable. Cela pourrait endiguer la migration irrégulière.»

http://www.laliberte.ch/faitdujour/trois-accords-et-quelques-bemols

L’accord de coopération vise à promouvoir et soutenir le retour volontaire de requérants d’asile congolais déboutés en Suisse.

La Suisse et la République démocratique du Congo (RDC) ont signé lundi un accord de coopération dans le domaine de la migration à Kinshasa.

L’accord a été signé par la conseillère fédérale Simonetta Sommaruga et par le ministre congolais de l’Intérieur, Richard Muyej Mangez. Il prévoit d’encourager et d’assister les retours volontaires. La RDC s’engage aussi à réadmettre sur son territoire ses ressortissants n’ayant pas ou plus le droit de séjourner en Suisse.

«L’accord signé aujourd’hui tient compte des intérêts des deux Etats, dans un esprit de partenariat et de coopération», a indiqué Simonetta Sommaruga lors de l’émission «Forum» sur la RTS. De tels accords sont importants pour avoir des relations stables entre les deux pays. Par ailleurs, l’aide au retour «peut vraiment donner des perspectives aux personnes déboutées».

Migration irrégulière

Tous les problèmes ne seront pas résolus, a-t-elle admis. La cheffe du Département fédéral de justice et police (DFJP) a signalé que cet accord prévoit aussi une collaboration entre les deux pays, notamment via des projets sur la sensibilisation de la population sur les risques de l’émigration ou des microcrédits avec des femmes victimes de viol.

La cheffe du DFJP s’est aussi entretenue avec la ministre congolaise de la Justice, Wivine Mumba Matipa. Durant leur entrevue, elles ont évoqué la situation en matière de droits de l’homme et abordé des questions humanitaires.

Droit de l’homme

Durant sa visite de travail, Simonetta Sommaruga a rencontré des représentants d’ONG. Ceux-ci lui ont exposé les défis que la RDC doit relever, du point de vue de la société civile, notamment suite aux élections contestées qui ont eu lieu à l’automne 2011.

La conseillère fédérale a également visité la «Maison des Congolais de l’étranger et des migrants», financée par la Suisse. Ce centre d’assistance informe notamment sur les dangers de la migration irrégulière.

Simonetta Sommaruga se rendra mardi en Angola où elle doit également signer un accord de coopération migratoire. Elle rentrera en Suisse jeudi.

http://www.lematin.ch/suisse/berne-accord-cooperation-kinshasa/story/18094113

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