Immigration/Insécurité/International/Sécurité/Violence

La Suisse surveille ses djihadistes

C’est l’un des risques croissants pour la sécurité de l’Europe: le phénomène des voyageurs djihadistes prend de l’ampleur. Le Service de renseignement de la Confédération s’y intéresse de près. Une vingtaine de résidents helvétiques sont sur liste rouge.

islamistes jihadistes ak-47 kalachnikov

Automne 2012. Un tir de drone à la frontière afghano-pakistanaise tue un djihadiste: Moez Garsallaoui. Membre d’Al-Qaida, il était jusqu’en 2007 un guerrier virtuel qui opérait de Suisse, de Berne, puis de Guin (FR), où il a résidé. Ce type de profil fait l’objet désormais d’une surveillance accrue du Service de renseignement de la Confédération (SCR). Ces dernières années, vingt personnes ont quitté la Suisse pour rejoindre des zones djihadistes. Un tiers sont des guerriers confirmés. La raison du voyage des autres n’est pas encore connue.

«On essaie de suivre ces personnes et de savoir si elles comptent rentrer pour commettre un attentat», indique le directeur du Service de renseignement fédéral, Markus Seiler. La menace des «voyageurs djihadistes» est prise au sérieux parmi d’autres, comme la prolifération des armes de destruction massive ou le cyberespionnage. Faut-il craindre des attentats type Boston ou un tireur fou à la Merah? «Il est possible que cela arrive en Suisse», admet le président de la Confédération, Ueli Maurer.

Notre pays reste toutefois sûr. Pas de trace de grand recrutement djihadiste comme cela s’est produit en Belgique, selon le SCR. «Il y a une menace, mais à ne pas exagérer», estime Hasni Abidi, le directeur du Centre d’études et de recherche sur le monde arabe et méditerranéen. «Ces djihadistes dits «nouvelle génération» représentent un phénomène marginal. Il s’agit de personnes qui n’ont pas vécu dans les pays arabes, mais se sont radicalisées par elles-mêmes, ou dont l’intégration a été forcée ou incomplète», explique le scientifique, qui veut prévenir tout raccourci facile: «La menace terroriste n’a aucun lien avec le Printemps arabe!» Le directeur du SRC le reconnaît. Au-delà des voyageurs du djihad, la menace d’un acte d’un terroriste d’extrême droite à la Breivik est tout aussi probable. «C’est en fait le plus difficile à surveiller. Ces gens-là agissent seuls. Ils se radicalisent à la maison. Un attentat comme celui de Breivik en Norvège n’est pas à exclure en Suisse», indique Markus Seiler. Les petites oreilles de la Berne fédérale veillent… en tâchant au passage de ne plus se faire voler de données, ni de faire du fichage excessif.

www.lematin.ch

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s