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La famille d’un Iranien s’est physiquement opposée à son renvoi de Suisse

La police a fait une intervention musclée lundi dernier au foyer de l’Établissement vaudois d’accueil des migrants. La famille d’un Iranien s’est physiquement opposée à son renvoi de Suisse.

L'épouse du requérant d'asile iranien a été violée en prison en Iran au milieu des années 1990. Une expertise psychiatrique atteste qu'elle a subi des sévices sexuels. (photo: Michel Duperrex/24 heures)

L’épouse du requérant d’asile iranien a été violée en prison en Iran au milieu des années 1990. Une expertise psychiatrique atteste qu’elle a subi des sévices sexuels. (photo: Michel Duperrex/24 heures)

 

«Police faire tomber papa-moi et maman-moi. Moi demander à la police de pas tuer, police frapper moi.» C’est avec ses mots de gamine de 9 ans arrivée en Suisse il y a sept mois qu’elle explique les faits qui se sont déroulés le lundi 2 septembre à Sainte-Croix (VD). La fillette iranienne retrousse les manches de sa chemise et montre des marques sur ses bras qui prouveraient la violence policière. Sa mère, une Iranienne de 29 ans enceinte de quatre mois, n’a qu’un mot qui revient sans cesse pour ponctuer ses sanglots: «horrible».

Une réfugiée afghane dit avoir été témoin de l’intervention de la police vaudoise dans le cadre d’une procédure de renvoi concernant un couple de requérants d’asile iraniens et leurs deux filles âgées de 9 ans et 4 ans. «Un policier avait avait le genou sur le dos de la femme plaquée au sol. Ils étaient quatre policiers pour la maîtriser. Le mari leur criait de faire attention car sa femme est enceinte et les filles pleuraient», a-t-elle déclaré.

La police cantonale vaudoise pondère les déclarations de la famille iranienne et ses proches. «L’intervention a eu lieu dans le cadre d’une décision de renvoi du Service de la population. Les agents se sont heurtés à des gens déterminés et agressifs. Une des filles a saisi un bloc de bois contenant des couteaux. Les policiers devaient se protéger et protéger la famille», commente Philippe Jaton de la police vaudoise.

L’homme et les deux enfants ont été conduits au poste de police. La mère dans un hôpital psychiatrique. Elle a retrouvé ses filles le même jour vers midi. Le papa, lui, est en détention administrative.

Le Service d’aide juridique aux exilés (Saje) estime que la Suisse applique «de façon mécanique» les accords de Dublin. «Rien ne la force à cette rigidité puisque les accords de Dublin ont prévu une « clause humanitaire » pour des situations de détresse», a réagi le Saje.

L’affaire suscite une vague d’indignation dans le milieu de l’asile et dans la capitale du balcon du Jura vaudois. Ancien patron de l’hôpital de Sainte-Croix, le Dr Paul Schneider a fait part de son émotion dans un courrier publié par le Journal de Sainte-Croix. «A-ton pensé au traumatisme indélébile subi par ces enfants? Comment les fonctionnaires accordent-ils leurs décisions avec leur intelligence et leur conscience? Je les plains. Je nous plains.»

www.20min.ch

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