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«Il disait qu’il voulait me couper la gorge»

Un site polonais affirme que l’assassin présumé d’Adeline se rendait chez une ancienne praticienne, domiciliée dans le pays où il a été interpellé dimanche.

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Fabrice A. se rendait-il en Pologne pour y rencontrer une de ses anciennes thérapeutes? C’est la question que se pose la Télé polonaise sur son site internet lundi.

Elle révèle que les autorités suisses ont averti les forces de l’ordre européennes que l’assassin présumé d’Adeline M., sa thérapeute retrouvée morte dans un bois de Bellevue (GE), avait des chances de se rendre en Pologne lors de sa cavale. La raison: une de ses anciennes soignantes polonaise y réside, affirme le porte-parole de la police sur place, Mariusz Sokolowski.

Les agents polonais se demandent donc si Fabrice A., 39 ans, ne se rendait pas en Pologne pour y sévir une nouvelle fois. Ou pour demander de l’aide.

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Pendant trois mois, Francine R.* a été la petite amie de Fabrice A. Lorsqu’il lui a mis un couteau sous la gorge, elle a rompu avec lui.

Lorsque Francine R. a appris l’homicide de la thérapeute Adeline M. vendredi dernier, elle a été sidérée: l’auteur présumé, le violeur Fabrice A. (39 ans), est son ex-petit ami. Il y a 17 ans, à l’automne 1996, elle et Fabrice A. ont été amants durant trois mois.

Aujourd’hui, l’employée de banque de 35 ans et mère d’une petite fille de 4 ans vit à Zurich, alors qu’elle vivait à Genève à l’époque. «J’avais 18 ans et j’ai connu Fabrice A. dans le restaurant d’un hôtel où il travaillait», se rappelle Francine R. «Il m’a proposé quelque chose à boire. C’est ainsi qu’a commencé notre relation.»

«Il était très charmant et attentionné»

Elle a vécu de beaux moments avec Fabrice A., alors âgé de 22 ans. «Il était très charmant et attentionné», dit-elle. Lors d’une visite au McDonald’s, il avait apporté une bouteille de vin rouge pour rendre le repas dans le fast-food plus décent. Une fois, il l’a amené dans un restaurant gastronomique. «C’est là qu’il a caché un anneau dans ma serviette et qu’il m’a offert un gâteau en forme de coeur.»

Mais, derrière ce côté romantique, Fabrice A. cachait aussi une facette obscure. «Il parlait toujours de me couper la gorge avec un couteau.» Presque à chaque rencontre, il le mentionnait en passant, puis il changeait immédiatement de sujet. Bien sûr, ces sombres insinuations l’inquiétaient. «Mais à chaque fois, il redevenait immédiatement amoureux et heureux, de sorte que je ne prenais pas la chose au sérieux.»

«Il m’a mis un couteau à pain sous la gorge»

Cela a changé, un soir, lorsqu’elle avait invité des amis pour manger une fondue à la maison. «J’étais dans la cuisine en train de couper du pain pour la fondue, quand il a tout d’un coup saisi la lame de la main et me l’a mise sous la gorge.» Bien qu’elle n’ait pas été blessée, l’incident dans la cuisine l’a tellement choquée qu’elle a mis fin cette relation tumultueuse le soir même.

Fabrice A. n’a pas accepté cette rupture. «Il est resté devant ma porte jusqu’au lendemain matin en me demandant de le laisser entrer.» Comme elle n’a pas accédé à sa demande, il a appelé la police. «Il croyait apparemment que les policiers allaient lui donner raison et que j’allais le laisser entrer.» Au lieu de cela, les agents l’ont emmené, et ont proposé à Francine R. de le dénoncer. Mais elle a finalement renoncé. «J’espérais juste ne plus jamais le revoir.»

Francine R. s’est débarrassée des photos et des lettres qui prouveraient sa relation avec Fabrice A.. Sa sœur a cependant confirmé cette relation à «20 Minuten»: «A l’époque je l’ai rencontré chez Francine. Il avait l’air étrange.»

«Ce fut un énorme choc»

Jusqu’à vendredi dernier, Francine R. n’était pas au courant que trois ans après leur relation, Fabrice A. avait violé une femme et avait été emprisonné. «Cela a été un choc énorme pour moi quand j’ai découvert cela et que j’ai réalisé que je m’étais trouvé en danger au cours de notre relation, même s’il n’a jamais été sexuellement violent avec moi.» L’idée obsessionnelle de couper la gorge à une femme, Fabrice A. l’a mise à exécution sur Adeline M.: c’est de cette manière qu’il a vraisemblablement tué la thérapeute dans une forêt de Versoix (GE) jeudi dernier.

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La police allemande disposait d’éléments qui lui ont fait penser que l’assassin présumé d’Adeline pouvait rouler en direction de la frontière germano-polonaise.

Les forces locales ont été alertées sur la base de ces éléments, mais aussi sur la base des informations transmises par Interpol. Elles ont repéré la voiture du fugitif dans le trafic et l’ont suivie jusqu’à l’agglomération de Kolbaskowo, en Pologne, a déclaré Manina Puck, de la police fédérale de Pasewalk.

«Il n’y a pas eu de course-poursuite, mais une filature à vitesse normale», a-t-elle déclaré au «Tagesanzeiger.ch/Newsnet». A Kolbaskowo, la Citroën a été interceptée et le fugitif retenu jusqu’à l’arrivée des policiers polonais. L’homme n’a opposé aucune résistance et a dit que l’arme du crime se trouvait dans son sac à dos.

Selon l’agence de presse autrichienne apa, le meurtrier présumé d’Adeline voulait probablement se rendre en Pologne pour y trouver une ancienne thérapeute. Cette femme s’était occupée de lui par le passé, a indiqué Przemylaw Kimon, la porte-parole de la police de Szczecin.

L’extradition de Fabrice A. pourrait prendre trois à quatre mois

La procédure d’extradition pour ramener l’assassin présumé d’Adeline M. de Pologne en Suisse pourrait prendre trois à quatre mois. Même si le suspect accepte son extradition, la procédure ne serait pas raccourcie de beaucoup, a indiqué lundi à l’ats le consul polonais de Suisse Marek Wieruszewski. C’est le tribunal de district de Szczecin, où est incarcéré Fabrice A., qui se prononcera sur la demande d’extradition.

Les règles pour une extradition entre la Pologne et la Suisse sont claires étant donné que les deux Etats sont signataires de la Convention européenne d’extradition. Sur la base des expériences, la collaboration avec la Pologne est bonne, a précisé Folco Galli, porte-parole de l’office fédéral de la justice. La durée de la procédure d’extradition dépend en particulier du comportement du prévenu, précise-t-il. Tout comme le consul polonais, il précise que si le prévenu saisit les voies de recours possibles du droit polonais, la procédure peut être rallongée.

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