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L’acquisition de la nationalité : quels critères?

Oui la nationalité suisse se mérite et la Suisse doit rester exigeante, et signifier clairement cette image aux intéressés. Et ne se laisser culpabiliser d’aucune manière. Trop peu nombreux sont malheureusement nos acteurs sociaux et politiques qui osent affirmer cela clairement, même lorsqu’ils en sont convaincus dans leur for intérieur !
J’ai toujours été partisan d’exigences à la fois fortes et strictes et d’une ouverture généreuse pour ceux qui le méritent et ils sont en nombre.
Les critères de la nationalité, un problème politique essentiel, à prendre très au sérieux, malgré la volonté insistante de certains de relativiser, voire de railler le national au profit du « transnational » et de l’international.

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L’acquisition de la nationalité, la naturalisation, est l’un des thèmes politiques  les plus discutés et disputés, et cela dans de très nombreux pays et en particulier dans ceux ayant connu une forte immigration, donc aussi en Suisse, où le sujet est précisément à l’ordre du jour du Parlement.

Suivant les époques, la tendance oscille entre durcissement et facilitation. Il faut rappeler l’époque, pas si lointaine, où la gauche et la bien-pensance ambiante, dans la foulée des années 1970-80, dites de libération et de « coolitude » généralisées, prétendaient que des exigences marquées n’avaient plus de sens puisque plus personne ne voulait du fameux passeport suisse! Naturalisons en masse ! Telle était la tendance, avec évidemment beaucoup de moqueries et de dénigrements envers ceux qui voulaient rester fermes et exigeants.

Cette époque est bel et bien terminée, sauf évidemment pour quelques antiquités idéologiques traînant leur spleen blasé à la recherche d’une quelconque béquille permettant de survivre dans un monde qui n’est plus le leur.

Nous pensons que la Suisse doit absolument rester exigeante et ne céder en rien à ces courants laxistes qui veulent s’imposer en matière de naturalisation comme dans bien d’autres domaines et dont les conséquences néfastes et destructrices se font de plus en plus sentir et  créent, comme souvent dans ces cas, des réactions contraires, excédées, virulentes.

La Suisse reste un pays de référence tant du point de vue économique, social, culturel et bien sûr politique avec sa démocratie directe très participative et son fédéralisme notamment, hier également moqués par les mêmes, mais aujourd’hui de plus en plus désirés par les populations de pays de plus en plus nombreux ; cela  notamment en réaction à une UE de plus en plus centralisatrice, bureaucratique, autoritaire et anti-démocratique. Oui la Suisse est enviée, jalousée et nombreux sont ceux qui voudraient l’affaiblir et ternir son image, souvent avec l’aide de Suisses naturalisés (chacun en connaît  quelques-uns et quelques-unes !)  qui figurent parfois parmi les plus fervents critiques du pays et qui voudraient aligner notre pays sur ce vaste ensemble qu’est l’UE et qui va donc moins bien ! Il faudra un jour chercher à comprendre ce phénomène tout de même assez étrange : ces personnes doivent tout à notre pays, une situation qu’ils n’auraient jamais obtenue dans leur pays d’origine. Il est vrai que l’on dit souvent que s’il y a une chose qu’il ne faut jamais espérer trouver, c’est bien la reconnaissance, mais quand même…

Heureusement ils ne représentent de loin pas l’ensemble des naturalisés, dont la grande partie sont justement profondément reconnaissants et participent de manière importante à la poursuite et à l’enrichissement de notre modèle de société.

Oui la nationalité suisse se mérite et la Suisse doit rester  exigeante, et signifier clairement cette image aux intéressés. Et ne se laisser culpabiliser d’aucune manière. Trop peu nombreux sont malheureusement nos acteurs sociaux et politiques qui osent affirmer cela clairement, même lorsqu’ils en sont convaincus dans leur for intérieur !

L’exemple le plus catastrophique est certainement celui du droit du sol qui permet à des femmes  qui viennent accoucher dans les pays connaissant ce système afin que leur enfant, et ensuite eux-mêmes, puissent obtenir la nationalité de ces pays. Autant une telle pratique pouvait se comprendre lorsque certains pays avaient un grand besoin de l’immigration, autant avec les difficultés économiques et sociales actuelles, cette pratique ne fait qu’aggraver les  problèmes économiques et sociaux dramatiques pour des millions de nationaux.

Une autre tendance qui ne dit pas son nom se développe à grande allure et dans plusieurs pays : procéder à des régularisations massives de clandestins pour faciliter, dans un  deuxième temps, leur naturalisation ! Cela, avec des objectifs clairement politiques mais jamais avoués en tant que tels. Sachant que la grande majorité des clandestins sont dans des situations économiques et sociales précaires, ceux qui amélioreront leur vie en prônant leur naturalisation peuvent s’attendre à être payés en retour lors de l’obtention des droits politiques. Tel est à coup sûr le calcul d’Obama, du Parti démocrate aux USA, qui est prêt à régulariser non pas quelques centaines de milliers de clandestins mais une dizaine de millions ! Avec bien sûr une attente de retour sur investissement, politique en l’occurrence. Tétanisés, les Républicains ne semblent pas avoir compris ce stratagème et pensent qu’en approuvant ce projet ils en bénéficieront aussi. Mais dans quelle proportion ? Les chiffres sont pourtant clairs: seuls 29 % des hispaniques ont voté pour le candidat républicain lors de la dernière élection présidentielle.

En France, le projet d’accorder des droits politiques aux immigrés est un vrai serpent de mer. Devant l’hostilité de la majorité de la population, les socialistes cherche à passer par le processus de naturalisation. Comment ? Mais voyons ! En « allégeant » les critères nécessaires à cette dernière et arriver ensuite au même résultat. Un thème que l’on ose même présenter comme prioritaire malgré les 3 à 5 millions de chômeurs et l’opposition de la grande majorité de la population. Le « passage en force » est devenu une spécialité socialiste ; heureusement impossible en Suisse, bien que…

Il y a aussi le problème du retrait de la nationalité, englué lui aussi dans le politiquement correct et dont la gauche ne veut certainement pas entendre parler, tout en faisant mine de … C’est pourtant le devoir des autorités d’en parler et de le prendre au sérieux. Les taupes dormantes ne sont pas un mythe ou un fantasme de patriotes attardés et obsidionaux. C’était  même une spécialité des pays communistes qui avaient par exemple réussi à infiltrer le sommet de certains de nos Etats, en comptant sur le long terme. Donc le retrait de la nationalité ne devrait pas être que théorique mais considéré comme un moyen parmi d’autres pour éviter ceux qui voient la nationalité comme un simple tremplin en vue d’un activisme politique, idéologique, criminel, et aujourd’hui aussi religieux…Suivez mon regard.

 La naturalisation à l’essai ne devrait pas non plus être exclue a priori, malgré une nouvelle fois certains cris d’orfraie inévitables. Elle permettrait certainement d’éviter les individus mal intentionnés qui perçoivent l’acquisition de la nationalité comme une sorte de protection à leurs activités délictueuses.

Jusqu’ici nous étions surtout dans le domaine des exigences et des précautions.

Mais j’ai toujours été partisan d’exigences à la fois fortes et strictes et d’une ouverture généreuse pour ceux qui le méritent et ils sont en nombre.

De même, j’ai toujours pensé que l’octroi de certains droits politiques aux immigrés après quelques années, dans un pays où l’intense activité politique liée à la démocratie directe devient elle-même un facteur d’intégration, devrait être sérieusement considéré, malgré une opposition encore forte qui vient cette fois d’un autre bord politique ! Dans cette logique, la naturalisation, plus longue à acquérir et plus exigeante, deviendrait une formalité venant couronner une véritable intégration, preuves et expériences à l’appui.

Exigence forte et ouverture généreuse, comme remède au manichéisme idéologique et comme illustration de l’exceptionnalité du modèle suisse, tant envié. Y entrer ne va pas de soi mais  l’identification profonde et sincère, concrète et pratique, permet d’y accéder et ainsi cette accession pourrait même être facilitée

Les critères de la nationalité, un problème politique essentiel, à prendre très au sérieux, malgré la volonté insistante de certains de relativiser, voire de railler le national au profit du « transnational » et de l’international.

Uli Windisch, 16 septembre 2013

www.lesobservateurs.ch

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Une réflexion sur “L’acquisition de la nationalité : quels critères?

  1. La première question que vous devriez vous poser est celle-ci : voulez-vous conservez le peuple suisse tel qu’il est, à savoir un certain peuple européen, ou bien fonder un nouveau peuple, non-européen qui plus est, au cœur des Alpes ? Lorsque vous aurez répondu à cette question anthropologique pratique, vous pourrez prendre des décisions sur l’offre de citoyenneté.

    « Exigence forte et ouverture généreuse », dites vous.

    Pour un peuple déjà constitué, s’ouvrir généreusement consiste à disparaître en tant que peuple. Les peuples sont comme des cellules, précisément comme des ovules. Une fois l’ovule pénétré massivement par un élément extérieur, il s’agit essentiellement d’un autre être.

    Rendez-vous compte à quel point l’idée de « naturalisation » est ridicule. Une fois qu’ils auront appris le tir à l’arc, vos « naturalisés » pourront compter Guillaume Tell parmi leurs ancêtres ? Ce sont les Gens qui font la Culture et non la Culture qui fait les Gens.

    Un Peuple est simplement fait de Gens, dans tous les sens de ce mot (une personne/une famille/une nation/un pool d’ancêtres communs). Une fois que vous changez les Gens, vous changez le Peuple.

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