Opinion/Politique/Société

« L’immigration de masse qui pèse sur nos tarifs, voilà une véritable difficulté » parole de prostituée

PROSTITUTION

Violence, gangs, clandestinité: les travailleuses du sexe craignent le pire si la Suisse rend illégale leur métier.

prostituée

«Dans un pays libéral comme la Suisse, je suis surprise qu’on remette en cause la légalité de la prostitution.» Hélène* est Française et vend ses services depuis cinq ans à Genève. Que certains parlementaires demandent au Conseil fédéral d’examiner la possibilité d’interdire son activité («Le Matin» de lundi), la brune de 38 ans n’en revient pas. «Les mœurs ne constituent quand même pas le problème No 1 dans notre société. Il me semble qu’il y a d’autres priorités, comme l’économie. L’immigration de masse qui pèse sur nos tarifs, voilà une véritable difficulté à laquelle ils devraient consacrer leur temps!» lance-t-elle avant de reprendre place sur un haut tabouret de la vitrine d’un sex-center des Pâquis.

Une fronde se forme

«Ridicule», «à côté de la plaque». Le postulat de la conseillère nationale Marianne Streiff-Feller (PEV/BE) fait l’unanimité contre lui. Pas une voix ne s’élève dans ce quartier populaire genevois pour lui trouver une vertu. «Ce serait un énorme retour en arrière», estime Lili*, une Portugaise de 30 ans. «Aujourd’hui, cette activité est acceptée. On arrive à avoir des petits amis qui sont au courant. Je fais ce que je veux de mon cul, j’effectue les horaires qui m’arrangent et ça, ça n’a pas de prix! Pourquoi changer?»

«On ne fait de mal à personne»

Les travailleuses du sexe que «Le Matin» a rencontrées dans la rue ou dans les salons se montrent viscéralement attachées à leur indépendance et à leur liberté. «Incompréhension» est un terme récurrent, face à ce que les prostituées estiment être un non-problème. Elles s’enregistrent auprès de la Brigade des mœurs, paient leurs impôts, restent tranquilles, ne se dénudent pas outre mesure dans l’espace public, respectent les passants. «On ne fait de mal à personne et beaucoup de familles mangent grâce à ça», résume Variana*, 25 ans, qui est venue de Roumanie il y a 2 ans.

Changer les règles du jeu revient surtout à les mettre en danger. «Même avec une interdiction, nous continuerons malgré tout à travailler. Mais la différence, c’est qu’on devra se cacher. On voit déjà des filles de l’Est ici, elles ont toutes un maquereau. En rendant la prostitution illégale, la situation serait bien pire», analyse Marie*, une Brésilienne de 39 ans. Après près de 10 ans de pratique, celle-ci refuse que ses clients pleurent sur son sort. «J’aurais pu faire autre chose, mais j’aime bien. Et je vis très bien, merci, j’ai trois appartements au Brésil!» Pas de misérabilisme donc. Les travailleuses du sexe réclament seulement du pragmatisme. Selon elles, jamais le plus vieux métier du monde ne disparaîtra et mieux vaut qu’il s’exerce au grand jour, plutôt que dans l’ombre des mafias.

www.lematin.ch/societe/

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3 réflexions sur “« L’immigration de masse qui pèse sur nos tarifs, voilà une véritable difficulté » parole de prostituée

  1. « «J’aurais pu faire autre chose, mais j’aime bien. Et je vis très bien, merci, j’ai trois appartements au Brésil!» »
    ______________
    Pour 1 qui le vit comme ça, combien sont des paumées ?
    L’article ne me semble pas forcément honnête, les prostitués le sont rarement par plaisir.

    Ce que l’on peut en retenir en revanche, et j’imagine que c’était le sens de l’article, c’est que :
    – l’immigration pose des problèmes de salaires dans ce domaine comme dans d’autres.
    – rendre la prostitution illégale favoriserait la nécessité de faire appel à des intermédiaires, donc des maquereaux. Les bureaucrates n’ont encore rien compris …

    • Elle a 3 appartements au Brésil et ici, si elle doit aller à l’hôpital qui paye? Je viens de retrouver l’article sur la mafia hongroise, qui prostitue des fille dans plusieurs salons de massages ici à Genève, et ailleurs en Suisse. Le seul problème c’est pas les fille mineurs qui sont prostituées de force, mais des impôts impayés! Les policiers ripoux à Zurich, laissent augurés que la corruption est présente dans la police, ce qui n’est pas pour m’étonné!

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