Insécurité/Violence

Octogénaire frappée et ligotée dans sa baignoire «Il a bousillé ma vie»

Frappée, ligotée dans sa baignoire, Antoinette témoigne de son angoisse à l’approche du procès qui se tiendra dès lundi.

Antoinette

Antoinette

Antoinette se rendra lundi au Palais de justice, la boule au ventre. Victime d’un violent brigandage chez elle à Chêne-Bourg en février 2012, elle appréhende ce procès, où elle sera défendue par Me Doris Leuenberger: «Je ne dors plus depuis plusieurs jours, explique cette couturière de 80 ans. Mais en audience, je ne veux pas qu’on mette un paravent entre mon agresseur et moi. Je tiens à le voir et je veux qu’il me voie. Qu’il comprenne qu’il a bousillé ma vie. Et que je n’ose même plus sortir pour aller me promener comme avant au bord de la Seymaz.»

Les murs racontent sa vie

La victime vit dans un modeste appartement de 40 m2. Elle y a emménagé en 1964. Les tableaux, les photos, les cartes postales et les murs racontent tout de sa vie. «On a avait posé cette tapisserie avec mon mari à notre arrivée ici.» Une tapisserie de fleurs. Chaque pièce contient des bouquets. De belles orchidées ornent le portrait de l’époux, «un pompiste amateur de ski alpin» décédé en 2006. Depuis ce décès, la veuve vit avec Zoé, 7 ans, un chat rondelet et dormeur.

En décembre 2011, sa voisine, «une sympathique bibliothécaire» qui habite dans l’immeuble d’en face, annonce à Antoinette qu’elle sous-louera son studio «à un gentil couple» durant son séjour au Japon. Mais l’homme de ce couple n’est autre que le complice de l’agresseur qui s’installe ainsi dans le quartier dès janvier 2012.

Le soir du drame, le dimanche 18 février, elle s’apprête à aller se coucher quand, vers 21 h, elle entend un bruit à sa porte. «Je regarde par le judas. Rien. Puis j’ouvre.» Elle se retrouve nez à nez avec le brigand. Elle le repousse: «Fichez le camp ou j’appelle la police!» «Attend, attend», chuchote l’homme qui glisse son pied dans la porte avant de rentrer dans l’appartement. «Il m’a alors donné un coup de poing dans l’œil, avant de me serrer le cou.» Il porte un couteau avec une lame de 30 cm. «Si tu ne fais pas ce que je te dis, je te plante», dit-il. «Je me souviens très bien de ces mots, de son tutoiement, de la scène que je ressasse chaque jour», raconte l’aînée. L’homme la projette ensuite sur son lit. «J’étais sur le dos, je tentais d’agiter les pieds pour lui choper… les bijoux de familles, si vous voyez ce que je veux dire.» Le malfrat plaque alors sa victime sur le ventre. Elle a le visage enfoncé dans son duvet et peine à respirer. «Ça y est, je vais mourir», pense-t-elle. L’homme demande aussitôt où se trouve l’or. Il la menace, lui vole ses cartes bancaires et lui extorque les codes: «Si tu fais la maligne, on est trois. Si les codes sont faux tu y passes.»

www.tdg.ch/geneve/actu-genevoise/

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s