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Les inquiétudes des frontaliers

Le «oui» de dimanche passé à l’initiative sur l’immigration aura des conséquences sur la collaboration internationale dans les régions frontalières.

Après le «oui» à l'initiative de l'UDC «Contre l'immigration de masse» dimanche, la presse romande souligne le clivage entre deux Suisse et s'interroge sur les défis à venir.

Après le «oui» à l’initiative de l’UDC «Contre l’immigration de masse» dimanche, la presse romande souligne le clivage entre deux Suisse et s’interroge sur les défis à venir.

Le travail de certaines organisations sera rendu plus difficile suite au «oui» de dimanche passé à l’initiative sur l’immigration. Quant aux frontaliers, ils nourrissent des inquiétudes.

Craintes de deux types

Jean-François Besson, secrétaire général du Groupement transfrontalier européen qui représente des travailleurs vivant en France – dont des ressortissants suisses – et actifs en Suisse, évoque des craintes de deux types: «D’une part, évidemment, que le nombre de frontaliers soit limité à l’avenir. D’autre part, l’inconnu concernant des problèmes concrets du quotidien, comme par exemple l’indemnisation en cas de chômage».

Jusqu’ici, grâce aux accords bilatéraux, la caisse de chômage française paie aux frontaliers ayant perdu leur emploi en Suisse une indemnité mensuelle selon leur ancien salaire suisse. Avant les accords bilatéraux, cette indemnité était diminuée par un coefficient d’abattement, pour l’adapter au niveau de vie en France.

«Nous espérons que ce système ne sera à présent pas réintroduit. Nous nous inquiétons également des conditions futures qui seront imposées à un Français voulant créer une entreprise en Suisse, des conditions aujourd’hui facilitées», explique M. Besson à l’ats.

Inquiétude palpable et amertume

Au niveau de l’ambiance, le secrétaire général relève qu’«il y a un peu d’amertume de notre côté. Elle est toutefois tempérée par le fait que les cantons frontaliers ont repoussé l’initiative de l’UDC». Depuis quelques mois déjà, l’inquiétude est palpable du côté des frontaliers de la région du Simplon (VS). «Certains travailleurs nous posent des questions sur ce qui risque de leur arriver. Ils craignent de perdre leur emploi», indique Daniela Infantino, coresponsable des deux guichets transfrontaliers de «Sempioneconomia», à Brigue (VS) et Domodossola (I).

Renforcer les relations

Pour le conseiller d’Etat valaisan Jacques Melly, président du Conseil du Léman, «l’acceptation de l’initiative ne doit en aucun cas remettre en cause les structures existantes de coopération transfrontalière. Au contraire, elle doit inciter les membres du Conseil du Léman à intensifier leurs échanges et renforcer leurs relations». Ce conseil est un organe de concertation et une plate-forme de discussion permettant les échanges et une meilleure compréhension de part et d«autre de la frontière. «Le soutien aux projets de coopération franco-suisse va bien évidemment se poursuivre», souligne M. Melly. Si le résultat du vote interpelle le président, il rappelle néanmoins que la population de l’ensemble du bassin lémanique et de la Suisse romande a rejeté l’initiative.

Incertitudes

Les organismes transfrontaliers basés en Valais ne savent pas à quoi s’attendre. «Et les périodes d’incertitudes ne sont jamais bonnes en économie», relève Jean-Noël Rey, ancien conseiller national et président de la délégation valaisanne de la Chambre France-Suisse pour le commerce et l’industrie (CFSCI), dont un bureau relais a ouvert ses portes au printemps 2013 à Martigny.

L’incertitude règne également pour les projets des programmes européens de coopération Interreg entre le Valais, la France et l’Italie. «Il n’y a pas de problème pour la quarantaine de projets terminés ou en cours, mais pour les suivants, c’est l’inconnu», déplore Brigitte Pitteloud, déléguée aux affaires transfrontalières et européennes à l’État du Valais. «Jusqu’à présent, nous avons connaissance d’une seule réaction suite à ce vote. Il s’agit du Département français du Doubs qui regrette l’issue du scrutin mais espère que nous puissions continuer à travailler dans un climat serein», poursuit Brigitte Pitteloud.

Projets rendus plus difficiles

En Suisse alémanique, deux des plus grandes organisations transfrontalières, l’Internationale Bodenseekonferenz (Conférence internationale du lac de Constance) et Regio Basiliensis, estiment que le vote va compliquer leur travail. Certains projets ne seront plus réalisables aussi facilement, a dit Manuel Friesecke, directeur de l’association Regio Basiliensis. Et de citer l’idée d’un institut trinational de recherche dans la région. Ce projet apparaît désormais moins réaliste, car la participation de la Suisse aux programmes de recherche européens est remise en question. Et pour la région du nord-ouest de la Suisse, qui compte 87’000 frontaliers, le fait que des contingents soient aussi prévus pour ces derniers représente un problème, ajoute-t-il.

www.20min.ch

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