Violence

Il voulait faire tuer sa femme et a demandé à son ami albanais de lui trouver un tueur à gages

Le banquier, qui conteste les faits reprochés, sera jugé cette année avec son ami, un chauffeur et l’agresseur.

Le Ministère public a bouclé son enquête sur l’affaire du banquier suspecté d’avoir voulu faire tuer sa femme en 2012 à Chêne-Bougeries. Le procureur vient de livrer au Tribunal criminel sa version des faits dans un acte d’accusation que nous nous sommes procurés. Voici le récit et les révélations contenus dans ce document qui renvoie le banquier, son ami, un chauffeur et un exécutant devant les juges. Le procès aura lieu probablement cet automne, selon Me Robert Assaël, avocat à la défense.

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Agé de 56 ans, le banquier suisse se ronge les sangs à Champ-Dollon depuis deux ans. Bien né, il avait tout pour réussir sa vie de famille et sa carrière de gérant de fortune. En 1997, il épouse la victime, qui lui donne deux enfants. Mais dès 2007, son couple bat de l’aile. L’année suivante, le banquier subit de lourdes pertes financières après l’affaire Madoff. En vue de leur séparation, il propose à sa femme de vendre leur maison. Elle refuse.

Surviennent alors des tensions. C’est là, en 2010, qu’intervient le projet funeste du mari, selon le Ministère public. Il aurait demandé à son ami A., un entrepreneur albanais, de lui trouver un tueur à gages qui devait agir «en faisant passer l’homicide pour un accident ou un cambriolage ayant mal tourné.» Cela «dans le but d’hériter de la villa (13,55 millions de fr.), de l’appartement de Crans-Montana (2,8 millions), d’actifs bancaires (5,2 millions) et des assurances vie de la victime (2 millions).» Un pactole dépassant les 23 millions.

L’acte d’accusation, contesté par la défense, évoque des discussions entre les deux amis l’été 2010. A. informe le banquier qu’il a trouvé un homme de main prêt à tuer pour 500 000 fr. Le mari «accepte et confirme le mandat», écrit le procureur Johan Droz. Mais le mystérieux tueur, rencontré dans un sombre bistrot d’Annemasse, se désiste. Un autre accepte contre 100 000 fr. d’acompte puis disparaît dans la nature sans faire le travail. A. sort donc un troisième homme de son chapeau. Mais la commande tarde à être exécutée. Le mari s’impatiente et invite son ami à «accélérer les choses». 12 février 2012, sur une aire d’autoroute entre Sion et Sierre: «le prévenu donne un ultimatum à A. La victime devait être tuée dès son retour d’Autriche, le dimanche 19 février.» L’avion de la jeune femme atterrit à 22 h 30 ce soir-là à Cointrin.

Développement dans nos éditions papier, électronique et tablettes du jeudi 1er mai.

 

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