Criminalité/Société

Des jeunes prostitués roms draguent les seniors à Genève

PROSTITUTION

A Genève, de jeunes hommes proposent leurs services tarifés en cassant les prix et de manière illégale. Les clients sont tout de même sur leurs gardes.

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La mendicité à la grand-papa, c’est fini. Aujourd’hui, les Roumains sont actifs dans toutes sortes de domaines à Genève: les vols, les cambriolages, le recyclage de métaux précieux dérobés, la prostitution. Une prostitution illégale, ces jeunes femmes et hommes n’étant de loin pas tous enregistrés auprès de la brigade des mœurs de la police genevoise comme l’exige la loi, et ne payant ni AVS ni impôts. Leur terrain de chasse? On en trouve aussi bien dans le quartier de Plainpalais, à proximité de la gare Cornavin ou encore à Meyrin, devant le centre commercial. Des cas ont aussi été signalés dans les toilettes publiques du parc Geisendorf, dans des cabines de sex-shop du quartier des Pâquis, un sauna de la rue Pradier.

Un début d’après-midi comme un autre à Plainpalais, à côté du cirque Knock. Un septuagénaire converse avec des Roumains en train de charger leurs téléphones portables aux bornes électriques du marché aux puces. Ancien d’une organisation internationale, comme il se présente, l’homme explique être venu ici chercher des «petites putes, mais des hommes». «Ça coûte pas grand-chose, explique-t-il, dans les 50 francs, parfois moins. Mais je ne le ramène pas chez moi: c’est trop risqué! Je n’ai pas envie de me faire voler. Je fais attention!» nous dit-il en montrant son porte-monnaie enfoncé dans sa poche et attaché par une chaîne à sa ceinture.

Il faut dire que l’histoire du couple de retraités retrouvés morts étranglés et détroussés dans son appartement de Châtelaine en novembre 2012 est encore dans les mémoires. Le sexagénaire tué avait auparavant entretenu des relations sexuelles avec son meurtrier. Un Roumain arrêté à Marseille qui a avoué l’année passée.

Marié et père de famille

Autre lieu de rencontre: un bar de la rue de Berne, connu pour être fréquenté par le milieu gay. Depuis plusieurs mois, des Roumains se sont installés ici. La plupart parlent français, sirotent une bière, un thé froid ou un rosé. «Moi je suis mec, mec», affirme l’un d’eux, marié et père de famille. A un potentiel client venant de s’attabler, il propose une passe pour… 100 000 francs. «Je plaisante», assure-t-il très vite, réclamant dans un premier temps 5 francs. Juste pour une boisson et un sandwich.

Un Genevois raconte avoir ramené «une seule fois» un jeune homme à la maison: «Il a pris une douche et a ensuite voulu mater un film porno avec des femmes. C’était pour s’exciter car selon moi il n’est pas homosexuel, il le fait pour l’argent. Mais moi, cela ne m’intéresse pas, les femmes! Je crois qu’il cherchait un endroit pour dormir. Il est reparti le lendemain, je lui ai acheté une puce pour son téléphone avec un crédit. Il m’a rappelé par la suite, il se montrait assez insistant.»

Un policier hausse les épaules: «Souvent seuls, des seniors ont pitié de ces gens qui disent pour ainsi dire tous avoir un père ou une mère malade au pays. Ils jouent sur le chantage affectif.» Une source évoque plusieurs cas de personnes âgées – hommes ou femmes – qui se sont «fait avoir», comme ce Genevois dépouillé de plus de 70 000 francs en une année à raison d’environ 5000 fr. par mois, par deux Roumaines qui se prostituaient et étaient carrément venues s’installer chez lui. La pitié est devenue un fonds de commerce.

www.lematin.ch

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