International/Suisse

Le petit pouillot qui fait froncer les sourcils aux ornithologues de Suisse

Il s’appelle pouillot parce qu’il attrape les poux sur les arbres, de préférence sous les feuilles des érables, des saules. Et ses grands sourcils sont en réalité deux traits jaunes joliment dessinés qui partent de son bec pour rejoindre sa nuque.

Pouillot grands sourcils oiseau

Cet oiseau élégant était depuis toujours extrêmement rare, voire invisible dans notre pays. Lionel Maumary, ornithologue lausannois, auteur avec Laurent Vallotton du livre Les oiseaux de Suisse, avoue même: «Pendant trente ans, j’ai rêvé de le voir passer en Suisse, je suis allé jusqu’à Ouessant pour l’apercevoir, et voilà que non seulement c’est arrivé, mais en plus j’en ai photographié plusieurs dans des lieux différents. C’est comme si une comète formée de pouillots avait laissé des étoiles sur son passage.» Pour le passionné, le bonheur ne pèse parfois que huit ou neuf petits grammes.

En fait, le pouillot à grands sourcils niche en Sibérie et hiverne normalement en Asie du Sud-Est. C’est dire qu’il n’avait pas de raison de passer, sauf accident, par la Suisse. En 1961, au col de Bretolet (VS), fut réalisée la première capture, pour baguage, d’un pouillot égaré. Un événement si extraordinaire que l’oiseau finit empaillé dans un musée bâlois! De 2008 à 2012, huit observations suisses furent notées, alors qu’il n’y en avait eu que huit de 1900 à 2006, dont sept d’oiseaux attrapés lors de séances de baguage.

Le canton gâté
Le phénomène a commencé à prendre une ampleur scientifiquement intrigante en 2013. Dix pouillots observés en octobre et novembre. Mais cet automne 2014, c’est carrément le débarquement: déjà trente observations! Et le canton de Vaud est gâté. À Versvey, au col de Jaman, à Montreux, à Grandvaux, à La Conversion, il a été repéré et clairement identifié. À Lausanne, près de la place de Milan, un pouillot a posé ses grands sourcils sur le même arbre que l’an dernier. Ce n’était peut-être pas le même pouillot, mais c’était le même arbre, ce qui a fait froncer les sourcils de tous les observateurs en pleine interrogation.

Mais que se passe-t-il, les oiseaux ont-ils abîmé leur boussole? Lionel Maumary n’a pas de réponse définitive, juste des hypothèses: «L’accélération du déplacement du pôle Nord magnétique vers la Sibérie pourrait être la cause de la modification des trajectoires de ces oiseaux migrateurs. Impossible aussi de dire si le réchauffement climatique y est pour quelque chose. Il est par contre probable que les premiers pouillots à avoir hiverné en Afrique y ont trouvé une terre accueillante. Et comme cet oiseau est fidèle à son site d’hivernage, ceux qui survivent aux longs voyages y retournent.» La suite à l’année prochaine, en principe.

www.24heures.ch/vaud-regions/

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