Criminalité/Economie/Insécurité

A Bex, des régies immobilières se plaignent du deal de rue

Le trafic de drogue dissuade les familles de venir s’installer dans la commune, estime une gérance de la place. D’autres régies nuancent.

«Nous sommes retournés plusieurs fois voir les extérieurs de l’appartement et nous avons constaté que le quartier est plutôt envahi par des dealers (…). Cela nous a pas mal refroidis!» Des e-mails de cet acabit, la régie immobilière bellerine Inter-Gérance en reçoit régulièrement, déplore son administrateur, Charles-André Nicollerat. «Notre activité est fortement péjorée par le trafic de stupéfiants dans nos rues. Il est d’ailleurs plus difficile de vendre ou de louer un bien dans le secteur de Rivarottaz, où les dealers sont très présents, que dans d’autres quartiers.»

Fin octobre, le Bellerin a écrit à la Municipalité de Bex afin de faire part de cette inquiétude. «Comment promouvoir nos objets dans un quartier où l’on ne peut pas faire deux pas sans être dévisagé, voire être accosté par des vendeurs de drogue?» relève-t-il dans son courrier.

Difficile pour les régies immobilières de changer l’image négative qui colle à la cité du sel. Selon Renato Tomassacci, responsable de Ger-Home à Aigle, celle-ci ne date pas d’hier. «Il y a des années de cela, de nombreuses personnes ne voulaient pas entendre parler d’aller y habiter. C’était le bout du canton, le bout du district… Puis le centre de requérants d’asile a ouvert et les premiers problèmes de drogue sont apparus. L’EVAM a fait de gros efforts depuis pour améliorer la situation en y installant des familles, mais beaucoup de personnes font encore l’amalgame.»

Désormais mené par des personnes extérieures à Bex, le deal de rue continue d’inquiéter. «On sent un vrai ras-le-bol de la population et j’y adhère: ces trafiquants profitent du système suisse et se livrent, en plus, à une activité illégale», estime Renato Tomassacci.

Pourtant, les responsables des régies relativisent: si ce trafic nuit bel et bien à l’image de la bourgade, ceux qui s’y adonnent ne mettent pas directement en danger les habitants. «Jusqu’ici, personne n’a été blessé, souligne Emmanuel Capancioni, responsable de la gérance bellerine Egica. Quelques clients se plaignent du deal ou s’en inquiètent mais ils représentent une minorité. Lorsque nous promouvons un bien, nous mettons systématiquement en avant les atouts de Bex.» Pour Bertrand Morisod, responsable de l’antenne chablaisienne de la société Bernard Nicod – qui possède une promotion d’une douzaine de villas dans le quartier de Rivarottaz —, ceux-ci «sont nombreux: un bel ensoleillement, une vie associative riche, une gare bien desservie, une proximité avec les dessertes autoroutières…».

«Marché intéressant»
Sans oublier des prix de vente et des loyers encore abordables: «On est loin des tarifs de la Riviera. Dans cette ville, nous proposons des villas jumelles à partir de 648 000 francs», relève Bertrand Morisod. Pour ce dernier, la présence de dealers n’est pas à l’origine de cette différence. «C’est surtout la situation géographique qui l’explique. Plus l’on s’éloigne de Lausanne et de la Riviera, plus les prix baissent.»

«Bex est devenue un marché très intéressant, résume Renato Tomassacci. L’arc lémanique arrive à saturation; les gens vont chercher un logement un peu plus loin. Et cette commune possède encore des terrains pour son développement.» La preuve? La commune a connu une croissance exponentielle ces trois dernières années

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