Asile/Immigration/Justice

Asile en Suisse pour les femmes somaliennes persécutées dans leur pays

Les juges rendent une décision de principe reconnaissant la qualité de réfugiées aux femmes somaliennes appartenant à des clans minoritaires et ne pouvant bénéficier de la protection d’un homme de leur famille dans leur pays

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Une femme somalienne menacée d’être soumise à de multiples violences si elle était renvoyée dans son pays obtiendra l’asile en Suisse. Le Tribunal administratif fédéral (TAF) lui a donné raison contre l’avis du Secrétariat d’Etat aux migrations (SEM), l’ex-Office fédéral des migrations. Son jugement est définitif et ne peut plus faire l’objet d’aucun recours.

«Déplacées internes»

Dans une décision de principe rendue publique cette semaine, le TAF a estimé que les femmes somaliennes appartenant à des clans minoritaires dans le pays et dépourvues de la protection d’un homme de leur clan – père ou mari par exemple – étaient exposées à des risques de persécutions tels que l’octroi de l’asile se justifiait.

Pour le SEM, ces risques empêchaient certes le renvoi immédiat de la requérante et justifiaient son admission provisoire, mais pas l’octroi de la qualité de réfugiée, car ils n’excédaient pas ceux qui menacent n’importe qui dans un contexte de guerre civile.

C’est sur ce point que les juges ont pris le contre-pied de l’administration. Ces femmes, appartenant à la catégorie des «déplacées internes» au sein de leur propre pays, sont régulièrement l’objet de violences, de traitements dégradants, de mariages forcés et de prostitution forcée, soulignent les juges en s’appuyant sur de multiples rapports d’organisations non gouvernementales et du Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR).

Elles sont livrées sans protection à l’extrême violence de chefs de guerre qui n’appartiennent pas seulement à la milice islamiste des Shebab, liée à Al-Qaida, mais aussi aux soldats des forces gouvernementales voire aux troupes de l’Union africaine.

Dans un tel contexte, les risques de persécution allégués par la requérante excèdent les dangers liés ordinairement à toute situation de guerre. Dans le cas précis, ils sont plus aigus encore, du fait qu’ayant donné naissance à un enfant après sa fuite de Somalie, elle serait très vraisemblablement contrainte, si elle y était renvoyée, de subir – pour la seconde fois de son existence – une infibulation.

www.letemps.ch

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