Opinion/Politique/Religion

Pegida Suisse perd son chef de file

La filière suisse du mouvement qui lutte contre «l’islamisation de l’Occident» connaît des débuts difficiles

Les membres suisses du mouvement Patriotes européens contre l’islamisation de l’Occident (Pegida) sont pour l’instant restés dans l’ombre. Seul le porte-parole et fondateur de la section, Ignaz Bearth, s’est montré dans les médias. Pourtant, deux petites semaines après la création de Pegida Schweiz, le jeune Saint-Gallois a démissionné.

Il n’occupe plus aucune fonction au sein du mouvement, précise un communiqué diffusé vendredi dernier sur Facebook. «Je me retire pour le bien de Pegida, écrit Ignaz Bearth. Pegida a reçu grâce à moi l’attention des médias dont il avait besoin pour son départ. Mais le mouvement doit rester apolitique. Mon engagement en tant que citoyen perdure évidemment.» Le nom du prochain porte-parole sera communiqué dans la semaine.

«Pegida a reçu grâce à moi l’attention des médias dont il avait besoin pour son départ. Mais le mouvement doit rester apolitique»

Voici pour la version officielle. Le journal Schweiz am Sonntag en livrait une autre dimanche: le retrait d’Ignaz Bearth serait en réalité dû à une phrase écrite sur son profil Facebook: «Angela Merkel et son gouvernement sont les vrais nazis de Berlin.» L’affirmation a depuis été effacée, mais son auteur a été dénoncé au Ministère public saint-gallois. Ignaz Bearth fait désormais l’objet d’une enquête pour «outrage à un Etat étranger», un délit pénal passible d’une peine pouvant aller de l’amende à une privation de liberté de 3 ans au maximum. L’information a été confirmée par le procureur cantonal.

Pegida Schweiz ne se laisse pas abattre pour autant. Sa manifestation, qui aura lieu dans une ville encore inconnue, est maintenue. «Je me réjouis du 16 février!» a écrit Ignaz Bearth dans son communiqué. Le mouvement a récemment publié sur Internet une vidéo destinée à faire passer son message: sur fond de musique inquiétante, on y voit défiler des images d’Appenzellois en costume traditionnel, une statue de Guillaume Tell, une église, puis des femmes voilées, un croissant islamique, un mouton prêt à être égorgé. «Contre l’islamisation de la Suisse! conclut la vidéo. Nous sommes le peuple. Ensemble nous sommes forts. Rendez-vous dans la rue.»

Le mouvement a-t-il réellement des chances de connaître le même succès qu’en Allemagne? Sa page Facebook compte 4500 abonnés, un chiffre notable après quelques jours d’existence seulement…

www.24heures.ch/suisse/

Pegida a rassemblé plus de 20.000 personnes à Dresde ce dimanche

 

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