Immigration/International/Politique

Limites des demandes d’asile à l’ambassade

La présidente de la Confédération estime que la réintroduction des demandes d’asile dans les ambassades a peu de chances d’aboutir après la récente catastrophe de l’immigration.
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Il est improbable qu’un nouvel instrument soit actuellement introduit au sein de l’UE, indique dimanche M. Sommaruga dans la presse alémanique. «Les bénéfices d’une telle mesure sont limités par rapport à la catastrophe urgente de l’immigration, car les défis sont beaucoup trop grands pour qu’ils soient résolus par des demandes d’asile dans les ambassades», explique-t-elle.

La Suisse a, d’ailleurs, dû fermer son ambassade en Libye pour des raisons de sécurité, relève la ministre de la justice. Il est plus important que l’UE ait décidé d’augmenter ses moyens de sauvetage en mer, poursuit-elle. «Le sauvetage de vies humaines est le plus crucial immédiatement, ce que nous pouvons et devons faire». La Suisse a été en 2013 le dernier pays en Europe à abolir les demandes d’asile dans les ambassades.

L’OSAR réclame des mesures

Le retour de cette mesure est toutefois exigé par Beat Meiner, le secrétaire général de l’Organisation suisse d’aide aux réfugiés (OSAR). Selon lui, un tel instrument permettrait de faire un examen préliminaire des demandes d’asile dans les régions d’origine des requérants et éviterait aux réfugiés le périlleux voyage vers l’Europe. Il rejette, en revanche, l’installation de centres d’asile dans des régions de crise, qu’il qualifie de «fantasmes».

Pour M. Meiner, l’Europe pourrait héberger entre «un et deux millions de personnes» grâce au regroupement familial, aux visas ou aux quotas humanitaires. Il affirme que la Suisse peut également faire mieux, notamment en accueillant plus vite les 3500 réfugiés, que Berne a promis de recevoir, et en ne renvoyant plus les personnes vulnérables dans les Etats critiques de Dublin, comme l’Italie et la Bulgarie.

Le secrétaire général de l’OSAR appelle en outre à l’instauration d’un comité national de crise. «Confédération, cantons, associations caritatives et églises doivent décider ensemble, ce que la Suisse peut faire dans cette situation et comment le faire rapidement et sans bureaucratie».

Interviewé par «Le Matin Dimanche», l’ambassadeur suisse extraordinaire pour la coopération internationale en matière de migrations, Eduard Gnesa, estime, lui, qu’«au vu de la situation actuelle en Libye», les arrivées de migrants sur les côtes italiennes vont se poursuivre. Il s’attend à un nombre de demandes d’asile compris «entre 27’000 et 31’000 pour cette année» en Suisse.

La Confédération avait reçu 23’765 requêtes l’an dernier, en hausse de 11% par rapport à l’année précédente. 

www.20min.ch/ro/

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