culture/Justice/Violence

Le Kosovar a abattu son beau-frère de trois coups de feu

Le procès d’un Kosovar de 30 ans accusé de l’assassinat de son beau-frère s’est ouvert ce lundi à Lausanne.

kosovo

Le torse droit, le regard noir, entre défiance et assurance, Vlad* ne prononcera que quelques mots. Sorti ce lundi de sa cellule de la prison de la Croisée pour expliquer son geste devant le Tribunal criminel de Lausanne, il a choisi de ne pas parler. Pas devant tout le clan de la famille de la victime venue en nombre, ni devant la presse. De peur des représailles, laisse-t-il sous-entendre.

Le 29 octobre 2012 en début d’après-midi, Vlad, 30 ans, a tiré trois balles dans le corps de son beau-frère à Chavannes-près-Renens. Un moyen de se venger de sa femme qui demandait le divorce, selon l’acte d’accusation. Mais pourquoi s’en être pris à son beau-frère? Pourquoi avoir tué ce Kosovar de 29 ans, père de trois enfants âgés aujourd’hui de 11 ans, 8 ans et 4 ans, un Securitas apparemment apprécié de tous? Devant les juges, le silence de Vlad n’a engendré qu’incompréhensions et frustrations. «Je ne comprends pas pourquoi mon mari est mort. Je me sens encore si mal aujourd’hui», confiait discrétement la veuve.

Face à deux familles que désormais tout oppose, la police n’avait d’ailleurs pas lésiné sur les moyens. Fouille obligatoire à l’entrée de la salle d’audience, gendarmes postés à l’extérieur, et policiers civils à l’intérieur. Tout pour éviter que le goût de la vengeance ne se propage à nouveau.

Un climat de terreur
Dans cette sombre affaire, il y a certes le paroxysme du meurtre, mais avec des années d’une violence inouïe qui le précède. Avant d’être un tueur, Vlad était un bourreau. Marié en 2004, il a eu deux enfants avec la sœur de la victime. Très rapidement, les coups ont fusé. Des poings qui viennent frapper le visage, devant les enfants. Des mains qui serrent le cou de sa femme avant de la balancer à terre. Ou encore cette fois où Vlad n’avait pas supporté que son épouse enceinte soit auscultée par un homme gynécologue. Selon l’accusation, il l’avait alors frappée dans le ventre et sur les jambes avec un pied de tabouret qu’il venait de casser. Tout en déclarant qu’il préférait que sa fille meure car elle allait devenir comme sa mère. Aux coups se sont greffées les relations sexuelles forcées. Avec les enfants contraints d’assister à la scène.

Jusqu’à ce 4 octobre 2012 où l’épouse du prévenu s’est réfugiée au Centre de Malley Prairie pour les femmes victimes de violences conjugales. Les enfants étaient alors rapidement placés en foyer par le Service de la protection de la jeunesse.

Selon la procureure Maria Giannattasio, c’est le départ de sa femme qui a décidé Vlad à tuer son beau-frère. A plusieurs reprises, il aurait donc fait des repérages autour du domicile de sa future victime. Il aurait même préparé sa cavale en convainquant un compatriote de l’héberger à son domicile de La Chaux-de-Fonds une fois son crime commis. Le comparse lui aurait également fourni l’arme. Vlad aurait enfin préparé sa fuite en Roumanie avec sa maîtresse de l’époque, une prostituée de 28 ans.

Un coup mortel dans le dos
Ce 29 octobre 2012, le prévenu est en voiture avec sa maîtresse lorsqu’il croise le véhicule de son beau-frère. Il se serait alors dirigé vers le box que louait sa future victime en demandant à la jeune femme de l’attendre dans la voiture. C’est là qu’il a tiré trois coups avec un pistolet de calibre 22. Selon son avocat Me Moreillon, Vlad a vu la victime qui faisait un geste avec sa main. Il a eu peur et a sorti son arme. Une version très différente de celle retenue par le Ministère public. Le coup mortel a été porté dans le dos. Impossible de savoir si la victime n’a tout simplement pas vu le tueur ou s’il s’est retourné à un moment pour s’enfuir.

Seule certitude, le beau-frère de Vlad est décédé très rapidement. Parties plaignantes au procès, sa femme et ses deux frères ont confirmé ce lundi que la victime ne possédait pas d’arme. Quant à Vlad, il a été interpellé trois jours plus tard à La Chaux-de-Fonds avec sa maîtresse.

Cette dernière, mais aussi le comparse de La Chaux-de-Fonds, ainsi que le petit frère de Vlad sont également prévenus pour avoir tous trois portés assistance au meurtrier.

Le procès se poursuit aujourd’hui avec une matinée à huis clos où seront examinés les cas de violences conjugales. Les plaidoiries et le réquisitoire sont prévus jeudi.

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