Insécurité/Société/Violence

Tabassé par des « jeunes », il se suicide trois jours après

Un jeune a été violemment attaqué par un groupe d’ados, début septembre à Zoug. Quelques jours plus tard, il s’est donné la mort. Ses agresseurs risquent-ils une sanction plus lourde?

Alain a décidé d’en finir avec la vie, le 8 septembre dernier. Le jeune de 21 ans s’est suicidé trois jours après avoir été tabassé par un groupe d’ados au centre-ville de Zoug.

Son père est convaincu qu’il existe un lien étroit entre l’agression et le suicide. Contacté par nos collègues de «20 Minuten», il explique que ce n’était pas la première fois que son fils se faisait agresser. Martin Killias, professeur en droit pénal à l’Uni de Zurich, pense qu’il est plausible que l’attaque ait poussé Alain à se donner la mort: «Ce cas particulièrement tragique correspond à un schéma typique. Il a été prouvé scientifiquement qu’une agression peut provoquer un suicide si la personne concernée a déjà subi des violences auparavant.»

«Boucler cette affaire rapidement»

On ignore pour le moment si les agresseurs d’Alain ont déjà pu être identifiés. Judith Aklin, porte-parole de la police zougoise, se contente de dire que l’enquête est en cours: «Nous voulons boucler cette affaire tragique le plus rapidement possible. Nos agents étaient rapidement sur les lieux et ils ont pu interroger la victime le soir même de l’agression.»

Le suicide d’Alain aura-t-il une incidence sur la peine encourue par ses agresseurs? Martin Killias en doute: «Ce serait uniquement le cas si on pouvait prouver que les assaillants avaient pris en compte que leur agression allait inciter leur victime à se donner la mort. C’est fort improbable qu’une chose pareille se produise.» Pour le moment, note l’expert, il est très difficile d’estimer la peine qu’encourent les responsables. «Tout dépend de leur âge. S’ils sont majeurs, ils risquent d’être condamnés à une peine pécuniaire avec sursis. En revanche, s’ils sont mineurs, ils pourraient s’en tirer avec une peine de prison avec sursis commuée en thérapie. Concrètement, cela signifie qu’ils devront peut-être suivre une thérapie pour gérer leurs comportement agressif.»

Adapter le droit suisse

Le professeur rappelle qu’aucun autre pays d’Europe ne possède un droit pénal des mineurs aussi laxiste qu’en Suisse. «On doit se demander si des peines aussi légères sont justes ou non. Nos politiciens devraient faire en sorte que le droit pénal des mineurs soit adapté à celui des autres pays européens.»
http://www.20min.ch/ro/news/suisse/story/14879475

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