Asile/Immigration/Sécurité

Trois requérants d’asile à la fois à la piscine, pas plus

Situé dans l’enceinte de l’école de Meggen (LU), le bassin est considéré en «zone sensible» par les autorités.

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«On interdit l’accès à une population bien précise, pour que les autres aient de la place. Ce sont des pratiques dignes de l’apartheid!» Yannick Hagmann, bénévole lucernois qui travaille avec des requérants d’asile ne mâche pas ses mots. La semaine dernière, il a voulu en emmener quelques uns à la piscine couverte de Meggen (LU), pour «les sortir de leur quotidien triste et morne», relatait dimanche le «SonntagsBlick».

Arrivés sur place, un garde-bain leur a expliqué les règles imposées par la commune: pas plus de trois requérants à la fois. La raison? La petite taille du bassin et l’espace restreint qui l’entoure. Par ailleurs, l’accès ne leur est autorisé que deux jours par semaine.

Pas le choix

La conseillère municipale chargée des affaires sociales, Mirjam Müller-Bodmer (PS), explique: «Il s’agit avant tout d’une piscine scolaire de 20m sur 8, qui est dévolue aux cours de natation pour les élèves. Elle se trouve donc dans une zone sensible.» Elle rappelle que la commune est en contact étroit avec la structure d’accueil de Meggen, qu’elle organise des cours d’allemand gratuit et dispose même de places de travail réservées aux requérants.

Elle estime que la solution trouvée est la meilleure pour tous: «Nous avons pris acte que les requérants souhaitent utiliser la piscine et leur avons trouvé des créneaux», souligne-t-elle. Le but est de ménager la chèvre et le chou.

Discrimination

Selon Markus Schefer, professeur de droit pénal à l’Université de Bâle, «cette disposition viole l’interdiction constitutionnelle de discriminer, et donc illégale. On peut fixer une capacité maximale, mais elle doit s’appliquer à tout le monde», écrit le dominical, qui rappelle un cas qui avait défrayé la chronique en août 2013.

L’affaire fait penser à celle qui a fait couler beaucoup d’encre à Bremgarten (AG). Les installations scolaires et sportives de la commune n’étaient pas accessibles aux requérants de 7h à 18h en semaine, sauf exceptions. La mesure controversée, soutenue par le Secrétariat d’Etat aux migrations (SEM), a été attaquée de toutes parts.

La ministre de la Justice Simonetta Sommaruga avait alors précisé qu’il ne s’agissait pas d’une interdiction préventive de fréquenter la piscine, car les bases légales pour cela n’existent pas. Selon la socialiste, les restrictions convenues n’étaient d’ailleurs pas des interdictions, mais une «mesure d’organisation.» «Il est judicieux que le SEM puisse régler avec une commune l’utilisation des installations scolaires et sportives durant les heures de classe», avait-elle ajouté.

www.20min.ch/ro/news/suisse/

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