Asile/Immigration/Opinion

Des collaboratrices de l’asile se bouchent le nez pour indiquer aux migrants qu’ils puent

Des collaborateurs du Secrétariat d’Etat aux migrations (SEM) ont-ils perdu leur sang-froid face aux requérants? C’est ce qu’affirme le Tages-Anzeiger dans son édition du 17 mai, citant plusieurs sources.

asile requérante triste

Des fonctionnaires se sont montrés «impatients et énervés», selon une interprète, voire «inamicaux et arrogants». La situation serait particulièrement tendue à Kreuzlingen (TG), le plus important des cinq centres d’accueil de la Confédération. Des dérapages ont également été constatés à Altstätten (SG) et à Bâle.

L’interprète fait état d’insultes et d’invectives fréquentes lors des premiers interrogatoires qui ont souvent une influence décisive sur la poursuite de la procédure. D’autres personnes ont confirmé ces dires mais veulent rester anonymes, de peur de perdre leur emploi. «Quiconque proteste ne reçoit plus de mandat, c’est aussi simple que çà», explique une source.

Critiques des interprètes

Les traducteurs doivent signer une déclaration de confidentialité avec le SEM, les contraignant à un «devoir de réserve absolu face à des tiers». Les informations doivent rester «absolument confidentielles et n’être utilisées que dans le cadre des activités». Pour les traducteurs, il s’agit plutôt d’une conséquence d’un reportage de SonntagsZeitung à la fin janvier qui a rendu tout le monde nerveux à Kreuzlingen. Ce que conteste le SEM.

Des interprètes expliquent que certains fonctionnaires «veulent des réponses à tout prix, ce qui peut provoquer des situations très tendues». Ils regrettent également que les requérants n’aient pas d’eau à disposition durant ces entretiens ou que des fonctionnaires ne se donnent pas la peine de créer une atmosphère agréable.

Des traducteurs racontent comment des collaboratrices du SEM se bouchaient le nez pour indiquer aux requérants qu’ils puaient. Ou comment une autre apostrophait un demandeur d’asile car elle craignait qu’il s’en prenne à des femmes.

Des requérants se plaignent

La plupart des fonctionnaires se comporte tout à fait correctement, ajoutent des interprètes. Il y a seulement «quelques moutons noirs», qui sont connus de tous. Et certains ne se cachent pas avoir perdu les pédales lors de l’entretien, à tel point que certains traducteurs refusent désormais de travailler avec eux.

Ces problèmes sont remontés jusqu’aux associations d’aide et autres défenseurs des migrants. «Nous entendons souvent des requérants d’asile qu’ils ont été rudoyés, la plupart du temps à Kreuzlingen», ajoute Samuel Häberli de l’association Freiplatzaktion Zürich. Ils se plaignaient de s’être fait couper la parole et de devoir faire court. Et par la suite, ils se faisaient reprocher d’avoir caché des informations.

Dans l’attente de la révision

Le problème réside souvent dans les premiers interrogatoires, qui durent près d’une heure. A cette occasion, les demandeurs d’asile doivent raconter leur voyage, les raisons, leur identité ou encore les lieux de passage. Seules trois personnes sont présentes à cette occasion: le requérant, l’interprète et le collaborateur du SEM. Ce dernier traite alors le requérant comme il l’entend et nul ne peur rien y redire.

Samuel Häberli regrette le manque de contrôle externe ou l’absence d’un protocole indépendant. «Les fonctionnaires sont beaucoup trop libres lors de ces premiers entretiens.» Ils ne rapportent que ce qui provoque un conflit et font l’impasse sur les réactions émotionnelles des requérants.

Mais des voix s’élèvent également pour prendre la défense des fonctionnaires, soumis à une forte pression et à une cadence infernale des entretiens. Les associations espèrent aussi que ces problèmes seront résolus par la révision de la loi sur l’asile, qui prévoit la présence gratuite d’une aide juridique pour les réfugiés. Les essais menés à Zurich se sont ainsi déroulés de manière «équitable et correcte».

www.20min.ch/ro/

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