Suzy Desouche

Quand on sait ce qu’on sait, quand on voit ce qu’on voit, on a raison de penser ce qu’on pense.

Un policier risque 5 ans de prison pour meurtre après avoir tiré sur un cambrioleur moldave

A Schwyz s’est déroulé lundi le procès du policier schwyzois qui a tué un Moldave de 24 ans lors d’un contrôle de police en septembre 2012 à Rickenbach (SZ).
police schwitz

La procureure a requis 5 ans et 3 mois de prison pour meurtre. La défense a plaidé l’acquittement. Le jugement sera rendu ces prochains jours.

Il a voulu se défendre, ll n’avait pas l’intention de tuer, a déclaré aux juges l’avocat du policier. L’agent a indiqué aux magistrats qu’il s’était senti menacé lorsque le passager du véhicule avait bougé son bras droit.

Le policier n’a pas respecté les règles tactiques lors de l’interception d’un véhicule, a estimé la procureure. Il n’était pas en situation de légitime défense.

Les faits remontent au 12 septembre 2012 vers 06h00. La police schwyzoise a intercepté à Rickenbach un véhicule volé après des cambriolages dans la zone industrielle de Schattdorf (UR). Un coup de feu a été tiré par un policier. Un Moldave de 24 ans a été tué et son cousin blessé. Les deux hommes n’étaient pas armés.

Le cousin âgé de 25 ans a réussi à prendre la fuite. Il a été arrêté un jour plus tard près d’Ibergeregg (SZ) grâce à des informations de la population. Il a été expulsé de Suisse. En 2013, le tribunal l’a condamné par contumace à 10 ans de prison.

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Pas de dispense de camp scolaire au nom de l’Islam

Le Tribunal cantonal déboute un père qui invoquait l’interdiction faite aux femmes musulmanes de voyager sans être accompagnée d’un parent

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Le papa d’une élève de 16 ans et demi-scolarisée à Vevey devra invoquer une autre raison pour ne pas laisser sa fille aller au camp scolaire qui aura lieu en mai prochain en Alsace.

La direction de l’établissement scolaire, puis le Département de la formation, de la jeunesse et de la culture (DFJC), et maintenant la Cour de droit administratif et public du Tribunal cantonal ont tour à tour refusé sa demande de dispense présentée au nom d’un principe de l’islam interdisant aux femmes de voyager sans être accompagnées d’un parent.

Les juges font la distinction entre la liberté intérieure de croire, de ne pas croire ou de changer ses convictions religieuses, garantie par la Constitution fédérale, et la liberté de croyance extérieure, laquelle peut être restreinte pour satisfaire un intérêt public ou en raison d’une base légale. Et la participation aux camps, voyages d’études ou séjours linguistiques repose précisément sur une base légale formelle.

L’interdiction faite aux femmes musulmanes de voyager seule est sujette à plusieurs interprétations. La contrainte invoquée par le père de la jeune fille repose sur l’obligation pour elle d’être accompagnée par son mari ou par un proche parent avec qui elle ne peut se marier.

Lire l’article dans son intégralité dans 24 heures de demain

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La prison genevoise reste sous haute tension après les affrontements ethniques

SURPOPULATION

Les repas en commun ont été supprimés, les séances de sport dans la grande salle suspendues et les promenades sont effectuées de manière séparée pour les détenus albanais et ceux d’origine maghrébine.

cour prison Champ-Dollon

Un mois après une explosion de violence qui a fait 34 blessés, la situation reste tendue dans la prison genevoise de Champ-Dollon. «Nous passons à côté du drame en permanence», s’alarme son directeur, Constantin Franziskakis, dans une interview diffusée samedi dans la Tribune de Genève.

La prison a été le théâtre entre le 23 et le 25 février de plusieurs rixes entre détenus. Ces altercations, «d’une violence jamais vue», selon M. Franziskakis, impliquaient à chaque fois une centaine de personnes.

Elles opposaient des détenus albanais à des détenus d’origine maghrébine.

Impossibilité de dialogue

M. Franziskakis a organisé une rencontre avec des représentants de chaque communauté concernée pour tenter de pacifier la situation. «Mais dialogue n’a pas pris. Deux d’entre eux ont commencé à s’invectiver», explique-t-il dans le journal genevois.

D’autres mesures de sécurité «indispensables» ont également été prises, poursuit le responsable. Les repas en commun ont été supprimés, les séances de sport dans la grande salle suspendues et les promenades sont effectuées de manière séparée pour chacun des groupes.

L’antagonisme perdure

Malgré six pétitions de détenus, un retour à la situation normale «n’est pas à l’ordre du jour».

«Un antagonisme extrêmement fort perdure entre Maghrébins et Albanais sans que l’on connaisse son origine»,

explique M. Franziskakis.

Le directeur de Champ-Dollon relève que les améliorations des conditions de détention apportées depuis deux ans se sont «estompées» avec la hausse des incarcérations. «Actuellement, une vingtaine de personnes dorment au sol, sur des matelas, et je dois parfois fermer des ateliers pour affecter des agents à des tâches de sécurité», note-t-il.

La prison de Champ-Dollon, conçue pour 376 places, accueillait 868 détenus jeudi, selon M. Franziskakis. L’établissement, prévu à l’origine pour la détention préventive, sert aussi pour l’exécution de peine, faute de place ailleurs. Des projets sont en cours, dont la Brenaz 2 qui proposera 100 places supplémentaires. Mais cette construction est bloquée par un recours.

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Un test de langue pour médecins étrangers?

La Fédération des médecins suisses voudrait que les connaissances en langue des spécialistes de la santé étrangers, souhaitant travailler en Suisse, soient testées au préalable.

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«Des méconnaissances en langue peuvent avoir des impacts négatifs sur la qualité et la sécurité des traitements», estime Jürg Schlup. Le président de la Fédération des médecins suisses (FMH) vient de déposer une demande auprès du ministre de la Santé, Alain Berset, visant à introduire un test de langue pour les médecins étrangers souhaitant travailler en Suisse.

Selon la «SonntagsZeitung», des études internationales ont en effet démontré que les barrières linguistiques augmentaient le risque pour les patients et entraînaient des consultations et des examens parfois inutiles. La revendication de Jürg Schlup, pour qui la communication occupe un rôle central dans la médecine, est d’autant plus importante que le nombre de médecins étrangers ne cesse d’augmenter, note le dominical. En 2013, près d’un spécialiste de la santé sur trois n’était pas de nationalité suisse. En 2010, ils n’étaient «que» un sur quatre à être dans cette situation.

Tests uniquement pour médecins libres

Dans les deux dernières années, la Suisse a accueilli de nombreux médecins venus de Roumanie. Ces personnes arrivent en cinquième position après les Allemands, les Italiens, les Français et les Autrichiens. Selon des statistiques de la FMH, près de 10% des Roumains engagés en Suisse travaillent en tant que psychiatres et psychothérapeutes. Mais de manière générale, les médecins étrangers sont engagés par des hôpitaux suisses. Ils étaient 36% dans cette situation en 2013. Malgré cela, les tests de langue concerneraient uniquement les médecins libres. Contactés par le dominical, les hôpitaux de Bâle, de Genève et de Zurich soulignent qu’ils accordent de l’importance aux connaissances linguistiques de leurs collaborateurs.

En mars, «Le Matin» avait révélé que plusieurs patients avaient été pris en charge aux urgences à Genève par des professionnels ne parlant pas un mot de français. Une personne avait notamment raconté qu’elle avait dû communiquer en langage des signes pour se faire comprendre.

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Dix personnes accusées de traite d’êtres humains

Le procès de neuf hommes et une femme, soupçonnés de trafic d’êtres humains et d’incitation à la prostitution, s’est ouvert jeudi devant le Tribunal pénal de Schwyz.

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Les accusés, dont plusieurs sont de nationalité étrangère, sont libres. Un des hommes a déjà annoncé qu’il serait absent du procès.

Les accusés recrutaient des femmes en Roumanie et Bulgarie via des proxénètes. Ils les faisaient ensuite venir en Suisse et les obligeaient à se prostituer. Certaines étaient privées de leur passeport.

Cette affaire fait suite à deux opérations de police qui s’étaient déroulées simultanément en 2007 à Nidau, près de Bienne (BE), et dans le canton de Schwytz. Ce coup de filet avait mis fin à l’exploitation de dizaines de prostitués.

Il s’agissait d’un trafic aux ramifications nationales et internationales.

Les enquêteurs des deux cantons avaient agi de manière coordonnée, partant du principe que l’hôtel de Nidau – où les femmes travaillaient – et un autre établi dans le canton de Schwyz étaient liés.

Lourde condamnation

L’ancien patron de la maison close de Nidau a été condamné en mai 2013 à huit ans et demi de réclusion. Le Tribunal régional Seeland-Jura bernois a reconnu ce Turc de 38 ans coupable de trafic d’êtres humains et d’incitation à la prostitution. Trois comparses ont aussi été condamnés.

Pour le tribunal, cet homme s’est rendu coupable de trafic d’êtres humains et d’incitation à la prostitution au détriment de 45 femmes, venues essentiellement de Roumanie.

Lors du procès qui s’est ouvert jeudi à Schwyz – et qui devrait durer jusqu’au 11 avril – certains suspects sont également accusés de viol, détournement de fonds et d’infractions à la loi sur la circulation routière.


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Un Bosnien attaque son épouse à la grenade dans le canton d’Argovie

Un homme a tenté de résoudre ses problèmes conjugaux en lançant une grenade à main sur sa femme la semaine dernière à Buchs (AG). Il a été arrêté à Chiasso (TI).

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Un Bosnien de 55 ans a attaqué à la grenade son épouse de 59 ans, en pleine rue, à Buchs (AG). La femme n’a été que légèrement blessée. Le drame conjugal est survenu jeudi 3 avril dernier, mais n’a été révélé que ce mardi par la police argovienne.

L’explosion a été entendue loin à la ronde. Pourtant, la police n’a reçu aucun appel de la population à son sujet. C’est la victime de l’attaque, d’origine bosnienne, qui l’a alertée environ une heure après les faits tout en les minimisant: elle n’a évoqué que des «problèmes» avec son époux, de même nationalité.

La patrouille venue à la rencontre de la victime n’a constaté sur elle qu’une légère blessure à un doigt, écrit la police argovienne. La femme a alors minimisé son agression, en la réduisant au jet d’un engin pyrotechnique.

Eclat dans le ventre

Elle s’est toutefois rendue le jour même à l’hôpital en raison de douleurs au ventre et a dû être opérée pour se faire extraire une bille en métal. Mise en alerte, la police s’est alors rendue sur les lieux de l’agression et y a découvert les restes d’une grenade.

Les analyses ont permis de conclure qu’il s’agissait d’une grenade à main de fabrication yougoslave. Son explosion a en outre brisé la vitre d’une fenêtre de maison à proximité.

Quant à l’agresseur, il se trouvait déjà en fuite au moment de la découverte de l’ampleur de son acte. Il était parti se réfugier dans son pays d’origine, mais a pu être arrêté à son retour à la douane de Chiasso (TI), dans la nuit de samedi à dimanche. Il devrait être placé en détention préventive.

Bosniaques ou Bosniens ?

Les Bosniaques sont un peuple slave du sud vivant majoritairement en Bosnie-Herzégovine et dans certaines régions de Serbie et du Monténégro. Le terme de Bosnien désigne uniquement les citoyens de Bosnie-Herzégovine. 

 

 

Une passante lui arrache son voile en plein centre-ville

Une Aiglonne, musulmane pratiquante, dit avoir été insultée et agressée dans le bourg chablaisien, samedi.

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Samedi après-midi, alors qu’elle effectuait quelques courses en ville d’Aigle avec sa mère, sa sœur et trois de ses quatre enfants, A.J. a été assaillie par une passante. La scène s’est déroulée à la rue du Midi, devant le magasin Denner.

Pour cette Aiglonne de 32 ans, pas de doute: son assaillante en avait après le foulard qu’elle porte depuis qu’elle s’est convertie à l’Islam, il y a une quinzaine d’années.

«Elle arrivée vers moi par-derrière et m’a poussé dans le dos, en me traitant de sale pute musulmane, avant de s’éloigner»,

raconte la victime.

Surprise par l’incident, A.J. tente de se défendre verbalement. «Je lui ai dit que j’étais chez moi. Ma mère est suisse, je suis née à Monthey, je suis d’origine gruérienne. Je n’ai qu’un passeport, il est suisse.»

L’assaillante revient pourtant à la charge et tente d’arracher le voile d’A.J. Celle-ci se défend et reçoit un coup de pied au ventre, avant de chuter sur le bitume. «En agrippant mon foulard, elle m’a griffée au visage et a arraché mes lunettes médicales», poursuit l’Aiglonne.

La jeune femme a déposé une plainte pour insultes et voie de fait, que la police confirme avoir enregistrée. L’auteure de l’attaque, une Aiglonne de 45 ans a été identifiée.

 

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Immigration clandestine: Activité accrue des passeurs aux frontières suisses

Un nombre croissant de cas de trafic de migrants a été découvert ces dernières semaines aux frontières helvétiques.

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L’axe du Simplon en direction de la Suisse romande et la frontière sud sont particulièrement touchés en matière de trafic de migrants. Le Corps des gardes-frontière a renforcé ses contrôles.

Les gardes-frontière ont appréhendé 47 personnes soupçonnées d’être des passeurs au cours des trois premiers mois de l’année,

alors que le nombre d’interceptions de personnes en séjour illégal a légèrement diminué. L’an dernier sur la même période, 21 passeurs présumés ont été arrêtés, a annoncé mardi l’Administration fédérale des douanes.

A la fin de 2013, il est apparu que les activités de passeurs avaient fortement augmenté: durant toute l’année, les gardes-frontière sont intervenus à 211 reprises, contre 96 fois en 2012.

Au vu de cette situation, les mesures de lutte contre le trafic de migrants ont été renforcées. Les gardes-frontière sont également en contact avec les autorités partenaires à l’étranger et en Suisse, comme l’Office fédéral des migrations.

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Le Gambien naturalisé suisse avait tué l’amant sénégalais de sa femme

«Stp vient il y a un mec qui m’a cassé une dent.» C’est en recevant ce SMS de son ex-femme que le sang de M. n’a fait qu’un tour, le 22 juin 2013. Ce Gambien naturalisé suisse comparaissait lundi pour le meurtre d’un Sénégalais de 24 ans chez le voisin de son ancienne compagne, rue de la Ferme, dans le quartier de la Roseraie.

opinel couteau

«Quand je suis arrivé, la victime était assise sur le canapé, a indiqué M., quadragénaire longiligne au catogan rasta. Quand j’ai vu ma femme qui pleurait et transpirait avec une dent en moins, mon instinct de protection a pris le dessus. Je suis devenu comme fou.» Sauf que le SMS reçu était inexact: son ex-femme avait bien perdu une dent, mais c’était en mordant l’importun, un homme ivre avec qui elle entretenait une liaison, mais dont elle ne voulait plus entendre parler.

Ignorant ce détail, le prévenu a sprayé le visage du Sénégalais. Une empoignade a éclaté. Une table et une chaise ont volé, sans que l’on sache qui les a lancés. M., qui n’a pas d’antécédents, a sorti son Opinel de 5 cm et frappé la victime trois fois, à la nuque et au poumon. «Je ne pensais pas le blesser grièvement. Je voulais juste qu’il s’en aille», a-t-il sangloté.

Une thèse qui n’a pas convaincu le Ministère public. «M. était conscient des risques encourus.» Il a demandé 8 ans de prison. La défense, représentée par Me Pierluca Degni, a plaidé le crime passionnel. Au final, le Tribunal a condamné M. à 5 ans ferme. Son avocat fera appel. «Je n’en veux pas à mon ex-femme, a juré le prévenu. Elle a fait tant de choses pour moi.»

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Violence domestique en Suisse: il s’agit de migrants dans la grande majorité des cas

Le Valais n’est pas épargné par les violences domestiques. Journée d’information et témoignages pour les professionnels à l’aide des victimes.

NON AU SILENCE  " Ce n’est pas parce que les violences sont souvent invisibles qu’elles n’existent pas. Il faut parler encore et toujours de ce sujet pour que les réseaux soient de mieux en mieux outillés pour aider les victimes" , a noté Nicole Langenegger Roux, responsable du Secrétariat à l’égalité et à la famille hier, en marge de la première journée du réseau valaisan contre les violences domestiques organisée à Sion. Les différents professionnels confrontés à ces situations se sont retrouvés pour évoquer les violences domestiques dont les mariages forcés.

Victimes en Suisse

La problématique des mariages forcés touche de nombreux migrants établis en Suisse, et donc en Valais. En 2006, une enquête de la Fondation Surgir a montré que 17 000 personnes seraient concernées par le mariage forcé dans notre pays. Parmi elles, un tiers de mineurs âgés de 13 à 18 ans. Les communautés concernées par ces pratiques sont principalement originaires d’ex-Yougoslavie, de Turquie, du Sri Lanka, du Maroc, de l’Asie centrale et du Moyen-Orient.

fille mariage forcé afghan

Pour se défendre, les victimes disposent désormais d’une loi en Suisse, entrée en vigueur en juillet 2013. "Cette loi ne tolère plus ce qui était prétendument culturel et qui est en réalité criminel" , a précisé Anne Marie von Arx-Vernon, directrice adjointe d’Au coeur des grottes, structure accueillant les victimes de mariages forcés à Genève.

Même si certaines ont réussi à quitter le foyer conjugal après avoir été mariées de force, elles en subiront des séquelles toute leur vie. Comme le précise Leila, qui a écrit un livre sur son parcours pour sortir de l’enfer conjugal. Cette maman d’origine marocaine raconte comment elle a été entraînée dans cette spirale infernale alors qu’elle habitait en France. " Quand j’avais 20 ans, mes parents sont partis en vacances au Maroc. Mon cousin leur a présenté un homme voulant se marier avec moi. Il était de bonne famille et cherchait à venir s’installer en Europe" , explique-t-elle devant la caméra de feu la réalisatrice valaisanne Carole Roussopoulos (dans "Mariage forcé: plus jamais!"). Leila ne savait rien de cet homme qui deviendra son époux. "Je me disais que cela n’était pas possible que cela m’arrive à moi."Mais deux semaines après, cet homme a débarqué. "J’ai eu une telle pression de ma famille, on m’appelait du Maroc pour me forcer, mon père m’y obligeait; il y avait le poids de la tradition…" Leila s’est sentie forcée à dire oui. En prononçant ce mot le jour du mariage, elle n’a pas reconnu sa voix. "La possibilité de dire non n’existe pas."

A peine mariée, Leila doit faire face à un mari omnipotent. Elle se révolte. "Je ne supportais plus d’être la seule à travailler et que ce soit lui qui gère les comptes, mais il m’imposait de me taire. Un jour, j’en ai eu marre, je l’ai crié. La première gifle est arrivée." Son mari l’empoigne ensuite par la gorge et lui met la tête sous l’eau. "Puis il m’a tapé des dizaines de fois sur la tête. A un moment, je me suis retrouvée accrochée à son visage."

Leila en ressort marquée physiquement et psychologiquement. "Le plus dur c’est l’aspect psychologique, je n’arrêtais pas de me demander ce que j’avais fait pour mériter ça. Je me sentais une merde; je n’étais rien!"

La jeune femme souffre aussi de ne pas être comprise par les gens lui disant que ce n’est "pas grave". "Mais C’EST grave: un mariage forcé, c’est un viol!" Leila a donc commencé à "calculer" . " Je suis entrée dans le jeu de mon mari, j’ai tout fait pour devenir une "mauvaise épouse", je me suis remise à fumer, etc. et je l’ai amené à demander le divorce." Le jour où son mari l’a informée de sa volonté de divorcer, Leila a jubilé. " C’était mon trophée. "

La reconstruction

Au fil des mois, elle s’est reconstruite "à pas de fourmi". Elle a commencé à parler avec son père et lui a fait comprendre les méfaits des mariages forcés. "Je sais aujourd’hui que mes frères et soeurs seront protégés de cela." La jeune femme est heureuse aussi d’avoir pu protéger son fils. Elle a d’ailleurs écrit son livre pour lui, "pour qu’il ne soit jamais tenté de perpétuer une coutume archaïque et barbare" , a-t-elle déclaré à la sortie de son livre en 2005. A la réalisatrice Carole Roussopoulos, Leila a avoué aller mieux. "Mais les séquelles sont toujours là et dès qu’un homme s’approche trop près, je m’enfuis car j’ai toujours peur", souligne-t-elle en laissant entendre qu’un jour peut-être, elle pourra à nouveau aimer sans crainte.

"La police intervient cinq fois par semaine pour des violences domestiques"

violence domestique

MIGRANTS  "Oui, la violence domestique existe bel et bien chez nous aussi!", insiste Nicole Langenegger Roux, la responsable du Secrétairat à l’égalité et à la famille. Ainsi la police valaisanne intervient-elle cinq fois par semaine pour des cas de violences domestiques. En Suisse, on compte même un mort toutes les deux semaines en raison de ces violences.

Dans la grande majorité des situations, il s’agit de migrants établis sur territoire helvétique.

" Il y a plusieurs facteurs expliquant ces violences, dont la gestion des conflits dans le couple, le rapport de force entre les conjoints, la précarité sociale, le soutien ou pas de la communauté, c’est un ensemble de facteurs que l’on retrouve dans la population de migrants, une population donc davantage à risque.

Mais ce n’est pas parce que ces personnes ont une culture plus violente que la nôtre!" ,

ajoute Nicole Langenegger Roux. Qui note ainsi qu’il ne faut pas tomber dans la stigmatisation. "Car il ne faut pas oublier que nous avons tous de la violence en nous." Pour Jean-Claude Métraux, psychiatre, chargé de cours à l’Université de Lausanne, "la violence est l’enfant de l’impuissance". "Quand les gens se sentent impuissants, ils ont recours à la violence. Pour soigner cela, il faudrait leur redonner confiance en eux", précise Nicole Langenegger Roux. D’où la nécessité non seulement de s’occuper des victimes, mais aussi créer des groupes de parole pour les auteurs de violence. Des groupes qui n’existent pas pour l’instant en Valais. "Nous avons d’ailleurs reçu récemment un appel d’un jeune nous demandant où il pouvait se faire aider car il était violent" , raconte la responsable du Secrétariat à l’égalité.

L’information est vitale

Pour diminuer les violences conjugales, les solutions sont diverses et complexes. "Nous pouvons par exemple continuer à informer les gens, et surtout les jeunes, à leur apprendre à avoir des relations égalitaires avec l’autre sexe." L’information auprès des professionnels est également vitale. " Un médecin généraliste doit par exemple savoir comment réagir quand un de ses patientes est victime de violences."

CHRISTINE SAVIOZ

www.lenouvelliste.ch

 

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