Asile/Insécurité/Opinion

«Nos femmes oseront-elles encore sortir seules?»

Accueil des migrants Un futur centre pour 200 migrants mineurs attise la peur. Mauro Poggia tente d’apaiser les esprits mais reste ferme.

course à pied filles

«Je croyais que c’était moi le populiste ici, a lancé lundi le conseiller d’Etat MCG Mauro Poggia à un habitant d’Aïre, opposé à la construction d’un centre pour requérants d’asile mineurs dans son quartier. Si je résume: pour vous, les requérants sont sales, profiteurs, dangereux, incultes et violeurs, une vision que je ne partage pas et qui est bien éloignée de la réalité.»

Invités par l’Association des intérêts d’Aïre-le-Lignon pour évoquer le projet de l’Hospice général, les représentants de l’institution et le magistrat ont tenté de calmer les inquiétudes des plus de 400 riverains présents. Ils ont détaillé le fonctionnement d’un centre d’accueil pour mineurs, l’important encadrement à disposition de ces 200 jeunes de 15 à 18 ans et les deux bâtiments de deux étages, reliés par des locaux communs. En zone villas, le terrain doit encore être déclassé par le Grand Conseil.

Pour ceux qui craignent des débordements, Mauro Poggia a fait jouer la corde sensible. «Ces garçons arrivent ici complètement déboussolés, seuls, ils n’ont qu’une envie, c’est s’intégrer et trouver un peu de sérénité, explique le magistrat. Ils sont encadrés, mais libres de leurs mouvements, ce n’est pas une prison, mais un lieu de vie.» Il a tenté de mettre en avant l’importance de la prise en charge permettant d’éviter de «mauvaises» fréquentations. «C’est pourquoi nous souhaitons les accueillir dans un lieu équipé spécialement avec quelques familles aussi.» Les arguments ne font pas mouche. Les parents craignent pour leurs enfants, car le centre sera bâti sur la parcelle jouxtant le préau de l’école primaire. Des jeunes qui, selon certains participants, auraient bien plus que 18 ans et viennent de cultures différentes. «Comment cela se passera-t-il à la piscine pour ceux qui n’ont jamais vu une fille en bikini? Et nos femmes, pourront-elles encore sortir seules?»

Les responsables du projet répondent en invitant l’assemblée à comprendre la réalité de ces jeunes et participer à leur intégration plutôt qu’à leur rejet. Beaucoup de questions ont ensuite fusé sur le lieu choisi et la participation inégale des communes à l’accueil des migrants. «Toutes les communes doivent accepter d’héberger des requérants si elles ont les structures ou des terrains susceptibles de créer des centres pérennes ou provisoires, assure Mauro Poggia. Nous allons d’ailleurs prochainement ouvrir l’abri de Cologny. En revanche, celles n’ayant rien à offrir sont invitées à participer financièrement à l’accueil des migrants.» Des centaines de personnes sont logées dans des abris à Genève à qui la Confédération attribue 5,9% des arrivants, souvent des hommes seuls. «Il n’y a à ce jour aucun problème de sécurité avec ces personnes dans les quartiers concernés», assure Mauro Poggia.

En fin de séance, un jeune homme a regretté le manque de concertation de la Mairie avec la population, puis fustigé l’opportunisme du canton, avant de ramener l’assemblée sur la voie humaniste. «Vous savez qu’amener 200 jeunes dans une zone villas isolée est irréaliste, mais vous l’imposerez. Il nous faut donc nous préparer à accueillir ces jeunes et je vous invite, Mesdames, Messieurs, à nous organiser pour proposer un coup de pouce aux devoirs, faire des tartes aux pommes, etc.»

www.tdg.ch/geneve/

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