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Une famille doit laisser son appartement à des réfugiés

ARGOVIE

Une famille dans la petite commune de Moosleerau doit quitter l’appartement où elle vient juste d’emménager. Les autorités en ont besoin pour loger des requérants d’asile.

famille expulsée ottinger Moosleerau

Karin Ottiger est factrice mais elle n’en a pas cru ses yeux à la lecture de la lettre des autorités de la commune de Moosleerau dans le canton d’Argovie. Sa famille doit quitter son logement pour faire place à des requérants d’asile, comme le raconte le Blick dans son édition du 3 décembre

La commune de 1000 habitants doit accueillir une famille de réfugiés, ce qui constitue une première pour elle, mais elle ne dispose pas des infrastructures.

Les autorités payaient jusqu’à présent une taxe d’exemption de 10’000 francs par an mais le canton a menacé d’augmenter ce montant si la commune ne faisait pas un effort. Ce que Moosleerau ne peut pas se permettre.

«Pas eu le choix»

Comme l’appartement loué par les Ottiger appartient à la commune, celle-ci a donc choisi d’expulser la famille. Elle n’aura ainsi pas à payer la taxe. Les Ottiger ont jusqu’à fin mars pour trouver un nouveau logement. Ils ne sont pas sûrs d’en retrouver un mais veulent rester dans la commune où le fils est scolarisé.

Le conseiller communal Daniel Dätwyler se dit désolé. «Nous avons bien entendu exploré d’autres solutions mais nous n’avons rien trouvé. Comme cet appartement est le seul que la commune possède, nous n’avons malheureusement pas eu le choix.»

www.lematin.ch/suisse/

Relire:

Pour placer des requérants, on vire les familles ! (juin 2011)

La famille Chiller, de Pfäffikon (ZH), a été priée par la commune de quitter son appartement. Pour qu’on puisse y loger des requérants d’asile.

La famille Chiller habite depuis dix ans à la Frohwiesestrasse 6, dans un immeuble qui appartient à la commune. En octobre dernier, elle a a reçu son congé, en même temps qu’une famille du Kosovo, qui habite dans la même maison. «Je comprends que la commune doive remplir ses obligations en matière de placements de requérants d’asile», admet le père Chiller dans le «Tages-Anzeiger». «Mais c’est dur de devoir partir après un séjour de dix ans dans cet immeuble. Ce que je ne comprends pas par contre c’est pourquoi les autorités ne cessent de vendre des maisons qui appartiennent à la commune, alors qu’on cherche des places pour les requérants d’asile».

Les Chiller prétendent que la commune n’a pas voulu entrer en matière concernant cet aspect de la question, bien que celle-ci leur ait accordé un délais de deux ans pour trouver un logement équivalent ailleurs. Pour le secrétaire communal Hanspeter Thoma la situation est pourtant claire: «Cela fait huit ans que nous avons décidé de loger les requérants d’asile de façon «décentralisée». Une concentration de ces gens en un seul lieu est mauvaise. Pour le quartier d’une part, pour le respect de l’ordre interne de l’autre. Ce n’est pas la joie au cœur que nous virons les gens». La commune de Pfäffikon a déjà placé vingt-quatre familles de requérants dans un autre immeuble. Elle a aussi loué des appartements privés. «Nous devons respecter nos engagement envers le canton», martèle Hanspeter Thoma.

Heureusement, la famille Chiller a trouvé de quoi se loger à partir de la mi-juillet. Un happy end donc. Ce n’est pas encore le cas pour la famille du Kosovo, mais Hanspeter Thoma vient de lui accorder un nouveau délai avant qu’elle ne trouve un nouveau logement.

https://sdesouche.wordpress.com/2011/06/29/pour-placer-des-requerants-on-vire-les-familles/

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